EuropaCorp : chiffre d'affaires en recul de 17 %, perte nette divisée par deux
EuropaCorp a publié hier ses résultats annuels ou EuropaCorp a publié le 24 juin ses résultats annuels pour l'exercice clos le 31 mars 2026, marqués par un contraste majeur : le chiffre d'affaires consolidé baisse de 17 % à 26,1 M€, tandis que Le résultat opérationnel s'améliore à (0,3) M€, contre (3,4) M€ un an plus tôt, tandis que la marge opérationnelle bondit à 34 %, contre 14 % un an plus tôt. Cette amélioration repose sur une réduction spectaculaire des charges d'amortissement, reflet du calendrier de sortie des films du groupe et de l'absence de nouvelles pièces majeures à amortir. La perte nette s'en trouve divisée par deux, ce qui change la trajectoire perçue du studio indépendant.
Revenus en repli, mais l'exploitation se renforce
Le chiffre d'affaires total s'établit à 26,1 M€, en baisse de 5,5 M€ par rapport aux 31,6 M€ de l'exercice 2024/2025. Derrière ce repli global se dessine une redistribution nette des sources de revenus. Les ventes internationales, principal moteur historique, s'effondrent à 11,7 M€ (représentant 45 % du chiffre d'affaires) contre 22,0 M€ un an plus tôt, soit un recul de 47 %. Cet écart s'explique notamment par les livraisons finales du film Dracula aux distributeurs internationaux, qui génèrent des revenus moins importants que les années précédentes, tandis que les droits U.S. de ce film (sorti en février 2026, avec 13 M$ au box-office) seront reconnus principalement en 2026/2027.
En contraste, la télévision et la SVOD explosent : ces revenus atteignent 12,1 M€, représentant 46 % du chiffre d'affaires total, contre 5,2 M€ un an plus tôt, soit une progression de 130 %. Cette envolée résulte de l'ouverture de fenêtres de diffusion pour plusieurs titres du catalogue (Taxi, Transporter, Lucy, Bis), principalement tirées par le marché français. Les segments Vidéo & VOD et Séries demeurent modestes (respectivement 1,1 M€ et 0,1 M€), tandis que les autres activités, incluant les droits d'exploitation et les co-productions, reculent légèrement à 1,2 M€.
La marge opérationnelle bondit, portée par une baisse de l'amortissement
Au-delà des revenus, c'est la structure de coûts qui révèle le tournant du groupe. La marge opérationnelle (avant frais généraux) grimpe à 34 %, contre 14 % un an plus tôt, mue par une réduction de 9,9 M€ des coûts de ventes. Cette amélioration découle avant tout d'une chute spectaculaire de l'amortissement des films : celui-ci s'élève à 10,0 M€ contre 21,4 M€ en 2024/2025, soit une baisse de 53 %.
L'exercice précédent avait enregistré une charge d'amortissement élevée en raison de l'intégration et de la première amortisation de Dracula et Weekend in Taipei, deux films majeurs du portefeuille. Dracula, sortie en France le 30 juillet 2025 avec plus de 650 000 entrées, a depuis purgé une partie significative de sa charge d'amortissement initial. En parallèle, les frais généraux restent maîtrisés à 8,5 M€, en hausse de seulement 0,1 M€ année sur année, reflet de la poursuite des mesures de réduction des coûts entreprises par le groupe.
Le résultat opérationnel s'établit à (0,3) M€, comparé à (3,4) M€ en 2024/2025, soit une amélioration de 3,1 M€. Au net, après prise en compte d'un impact de change défavorable de (1,8) M€ lié à la réévaluation des comptes en dollars, la perte nette recule à (2,0) M€ contre (4,9) M€, représentant une réduction de 59 %.
Cash positif et pipeline actif autour de Father Joe
Sur le plan de la trésorerie, EuropaCorp affiche un profil défensif mais opérationnel. Le flux de trésorerie net d'exploitation demeure positif à 12,0 M€ (contre 20,6 M€ en 2024/2025), tandis que les investissements cinématographiques absorbent 17,3 M€, notamment consacrés à Father Joe (film en post-production écrit par Luc Besson et réalisé par Barthélemy Grossmann, avec Kiefer Sutherland et Al Pacino) et à Dracula. Après remboursement de la cinquième tranche du Plan de Sauvegarde (10,6 M€), la variation de trésorerie ressort négative à (19) M€, ce qui ramène les liquidités à 21,0 M€.
La dette nette a augmenté de 6,0 M€, atteignant 33,9 M€, sous l'effet combiné du décalage entre flux opérationnels et investissements cinématographiques (4,0 M€) et d'un impact négatif de change sur les comptes en devises étrangères (2,0 M€). Le groupe poursuit sa stratégie articulée autour de trois piliers : la monétisation du catalogue de franchises iconiques, le développement de productions internationales et la structuration de co-productions européennes stratégiques. Environ quinze projets de films et séries sont en développement actif.