EuropaCorp : chiffre d'affaires en repli de 17 %, la TV et la SVOD bondissent
Pour l'exercice 2025/2026 clos au 31 mars 2026, le chiffre d'affaires consolidé s'est établi à 26,1 M€. Derrière ce repli global se dessine une redistribution des sources de revenus : tandis que les ventes internationales s'effondrent (−47 %), les revenus de télévision et SVOD explosent (+130 %), signalant une mutation du modèle économique du groupe indépendant.
Une contraction globale portée par le déclin des ventes internationales
Le chiffre d'affaires annuel de 26,1 M€ reflète principalement l'impact de la baisse des livraisons aux distributeurs internationaux du film Dracula comparé à l'exercice précédent. Les ventes internationales ont chuté à 11,7 M€ (45 % du total), contre 22,0 M€ un an plus tôt, soit une contraction de 47 %. L’exercice précédent avait bénéficié des livraisons du film Dracula.
À l'inverse, Dracula a généré des revenus en retard : le film, sorti en France le 30 juillet 2025, a attiré plus de 650 000 spectateurs, se classant parmi les plus forts succès français de l'été.
Aux États-Unis, distribué par Vertical Entertainment en février 2026, Dracula a généré plus de 13 M$ au box-office. Ces performances renforcent la valeur long terme du film dans le catalogue du groupe. Toutefois, la reconnaissance de ces revenus américains interviendra au cours du prochain exercice, expliquant le report partiel des gains attendus.
Le poids décisif de la télévision et du SVOD dans le nouveau modèle
La transformation structurelle se concentre sur un segment : les revenus de télévision et SVOD ont plus que doublé, passant de 5,2 M€ à 12,1 M€, soit une augmentation de 130 %. Ils représentent désormais 46 % du chiffre d'affaires total, contre 17 % l'année précédente.
Ce bond provient principalement de l'ouverture de nouvelles fenêtres de diffusion pour les franchises Taxi et Transporter, ainsi que pour Lucy et Bis sur le marché français, indiquant une montée en puissance de la monétisation du catalogue par les plateformes de streaming et les diffuseurs.
Le segment théâtral reste quasi inexistant (0 M€, contre 0,2 M€), car Dracula a été distribué en France par SND, en co-production avec LBP. Les revenus vidéo et VOD affichent une stabilité relative (1,1 M€, contre 1,2 M€), tandis que ceux de séries se contractent fortement (−92 %, de 0,8 M€ à 0,1 M€).
Un portefeuille d'exploitation amortissant les risques d'ici fin 2026
Sur le plan des perspectives, EuropaCorp poursuit sa stratégie centrée sur la valorisation du catalogue et le développement de séries adaptées de ses franchises phares. Deux films sont en cours de finalisation ou en sortie imminente. Father Joe, écrit par Luc Besson et réalisé par Barthélemy Grossmann, avec Kiefer Sutherland et Al Pacino, est en post-production. Deviens Génial, co-produit avec Nolita et réalisé par Léo Grandperret, mettant en scène Manu Payet et Melha Bedia, sortira en salles françaises le 17 juin 2026.
Le groupe dispose également d'environ quinze projets (films et séries) en développement actif, en français et en anglais.
Malgré un marché marqué par une sélectivité accrue des diffuseurs et des plateformes de streaming, le groupe table sur des co-productions stratégiques européennes et sur le potentiel international de nouveaux contenus pour redynamiser ses revenus. L'enjeu central reste la capacité à soutenir la monétisation du catalogue sous-exploité jusqu'à présent, tout en maintenant une production régulière d'œuvres à fort potentiel international.