L'Autorité de Régulation des Transports a refusé le 16 décembre 2025 d'homologuer les tarifs des redevances aéroportuaires d'Aéroports de Paris pour la période du 1er avril 2026 au 31 mars 2027, qui prévoyaient une augmentation de 1,5 %. Cette décision déclenche ce jeudi 18 décembre à mi-journée un décrochage spectaculaire du titre ADP, qui recule de 9,63 % à 116,40 euros contre une clôture à 128,80 euros la veille. La part de capital échangée reste néanmoins limitée à 0,08 %, reflétant un mouvement concentré mais peu diffus. Sur la semaine écoulée, le titre affiche désormais un repli de 7,18 %, tandis que sur trois mois, la performance reste positive à 4,96 %. Sur un an, la hausse s'établit à 4,49 %.Le rejet du régulateur découle de préoccupations selon lesquelles le retour sur capitaux employés projeté par ADP dépasserait l'évaluation du coût moyen pondéré du capital établie par le régulateur, qui situe ce taux près de 4,3 % contre 4,95 % estimé par ADP. Le régulateur a également constaté qu'ADP avait mal réparti les actifs, les revenus et les coûts entre les activités régulées et non régulées, cette sous-évaluation réduisant le rendement déclaré d'environ 0,5 % à 1 % et entraînant l'attribution erronée de 50 à 100 millions d'euros. L'ART a toutefois homologué l'augmentation de 15 % de la redevance d'assistance aux personnes handicapées et à mobilité réduite. Une nouvelle proposition tarifaire attendue en janvier Le Groupe ADP prépare une nouvelle proposition tarifaire qu'il soumettra au régulateur dans le délai d'un mois prévu par les textes, soit au plus tard le 16 janvier 2026, et le régulateur disposera lui-même d'un mois à compter de la notification pour se prononcer. À défaut d'homologation, les tarifs en vigueur depuis le 1er avril 2025 demeureront applicables. Cette décision intervient dans un contexte où le groupe avait présenté le 10 décembre son projet de contrat de régulation économique pour la période 2027-2034, qui prévoit une enveloppe d'investissements de 8,4 milliards d'euros et une évolution annuelle moyenne des tarifs indexée sur l'indice des prix à la consommation harmonisé majoré de 2,6 points.Cette décision réglementaire augmente l'incertitude concernant le Contrat de Régulation Économique d'ADP au-delà de 2027, car l'entreprise devra retravailler ses prévisions avec de nouvelles allocations de coûts et d'actifs. Le titre avait bénéficié récemment de recommandations favorables, Morgan Stanley relevant son objectif de cours à 140 euros avec une opinion « surpondérer » le 10 décembre, tandis qu'Oddo BHF le portait à 135 euros avec une opinion « neutre » le 9 décembre. Des indicateurs techniques qui basculent en zone de faiblesse Sur le plan technique, la chute brutale du titre modifie sensiblement la configuration graphique. Le cours de 116,40 euros passe désormais sous le seuil de support identifié à 118,00 euros, signalant une rupture de la dynamique haussière observée ces dernières semaines. La moyenne mobile à 50 jours, positionnée à 122,02 euros, est désormais nettement supérieure au cours actuel, ce qui traduit un affaiblissement de la tendance de moyen terme. Le RSI, qui s'établit à 55, reste en zone neutre mais se rapproche de la zone de faiblesse, tandis que l'histogramme MACD affiche une divergence positive à 0,41, suggérant que la dynamique baissière n'est pas encore totalement confirmée.La volatilité sur un mois, mesurée à 5,51 %, demeure contenue malgré le mouvement du jour, ce qui traduit une certaine stabilité du titre avant ce choc réglementaire. Le seuil de résistance à 131,80 euros, proche du plus haut récent, constitue désormais un obstacle majeur en cas de rebond. Le signal stochastique, qui reste neutre, n'offre pas de visibilité claire sur la direction à court terme. La moyenne mobile à 200 jours, située à 112,40 euros, représente un support de long terme susceptible d'offrir un plancher en cas de poursuite de la correction.