Aéroports de Paris : chiffre d'affaires en recul de 0,9 % au T1 2026 malgré un trafic en hausse
Aéroports de Paris a enregistré un chiffre d'affaires de 1 472 millions d'euros au premier trimestre 2026, en recul de 0,9 % par rapport au même trimestre de 2025, alors que le trafic du groupe a progressé de 2,3 %. Cette divergence reflète l'impact du conflit au Moyen-Orient sur les activités commerciales et internationales du groupe, contrebalancée par la croissance des revenus aéronautiques à Paris.
Recul du chiffre d'affaires contrasté par une hausse du trafic
Le chiffre d'affaires consolidé du groupe ADP s'établit à 1 472 millions d'euros au T1 2026, en baisse de 14 millions d'euros par rapport au T1 2025. Le groupe a accueilli 83,9 millions de passagers, soit une progression de 1,8 million de passagers (+ 2,3 %) comparée à la même période l'année précédente, avec 23,6 millions de passagers à Paris Aéroport (+ 2,6 %).
Trois segments tracent un bilan contrasté. Le segment Activités aéronautiques à Paris affiche une hausse de 5,0 % (+ 24 M€), à 504 millions d'euros, porté par l'augmentation du trafic passagers et la progression tarifaire de 4,5 % en moyenne depuis le 1er avril 2025. Le segment Commerces et services recule de 1,0 % (- 5 M€), à 484 millions d'euros, pénalisé notamment par la baisse du chiffre d'affaires des boutiques hors taxes (- 5,8 %, - 11 M€) et des bars et restaurants (- 8,8 %, - 3 M€).
Le segment International et développements aéroportuaires connaît la contraction la plus importante avec un recul de 6,0 % (- 27 M€), à 424 millions d'euros. TAV Airports, principal contributeur, voit son chiffre d'affaires diminuer de 4,5 % (- 17 M€) à 361 millions d'euros, malgré une croissance du trafic de 7,2 %. Cette baisse est essentiellement liée aux activités d'Almaty (- 14 M€, - 11,4 %) du fait de l'évolution du marché de la vente de carburant et aux aéroports géorgiens de TAV, davantage exposés au trafic moyen-oriental.
L'impact du conflit moyen-oriental sur les revenus commerciaux
Le chiffre d'affaires par passager (CA / Pax Extime Paris) s'établit à 31,5 euros au T1 2026, en baisse de 5,7 % (- 1,9 €) par rapport au T1 2025. Cette diminution résulte de deux facteurs : l'évolution défavorable des taux de change, particulièrement l'appréciation de l'euro, et l'impact du conflit au Moyen-Orient survenu à partir du 28 février 2026.
En 2025, le trafic entre les aéroports parisiens et le Moyen-Orient représentait 5,7 millions de passagers (5 % du trafic total à Paris). La clientèle au départ vers cette région générait 11,5 % du chiffre d'affaires des boutiques en zone réservée. Au premier trimestre 2026, ce conflit a provoqué des ajustements de programmes de vols et des restrictions d'accès à certains espaces aériens, affectant plusieurs plateformes du groupe. À titre de comparaison, pour TAV Airports, le trafic moyen-oriental représente 7 % du trafic passagers, tandis qu'à l'aéroport d'Amman, il constitue 75 % du trafic total.
Le groupe souligne que les effets du conflit demeurent incertains quant aux reports de trafic et à l'impact de la hausse des prix du carburant.
Confirmation des objectifs 2026 malgré les perturbations
Aéroports de Paris confirme ses objectifs financiers pour 2026, malgré le contexte de perturbations géopolitiques. Le groupe prévoit une croissance du trafic passagers à Paris Aéroport comprise entre + 1,5 % et + 2,5 %, un chiffre d'affaires par passager (CA / Pax Extime Paris) supérieur à 32 euros, et un EBITDA courant supérieur à 2 350 millions d'euros.
Cette confirmation repose sur l'hypothèse que les perturbations liées au conflit moyen-oriental seront de courte durée, ainsi que sur les mesures d'économies initiées par le groupe. Les investissements du groupe sont estimés à environ 1 450 millions d'euros pour 2026, dont environ 1 000 millions pour les seules activités parisiennes. Le groupe maintient également un ratio de dette financière nette / EBITDA courant inférieur ou égal à 3,7x et un taux de distribution de dividendes de 60 % du résultat net, avec un plancher de 3 euros par action.
Par ailleurs, la cession partielle de la participation du groupe dans GMR Airports Ltd générera environ 924 millions d'euros de trésorerie. Les accords signés le 24 avril 2026 prévoient une cession partielle en trois volets : une première cession déjà réalisée, une option portant sur 3,9 % du capital exerçable au plus tard le 30 avril 2027, et le rachat anticipé d’obligations convertibles devant intervenir au plus tard le 31 mars 2027.