L'action Dassault Aviation recule de 2,91% à la clôture après un bond lié à l'Ukraine
L'action Dassault Aviation a cédé 2,91% mercredi 19 novembre pour clôturer à 273,20 euros, effaçant une partie des gains spectaculaires enregistrés en début de semaine après l'annonce d'une lettre d'intention avec l'Ukraine portant sur jusqu'à 100 Rafale. Le titre reste toutefois en hausse de 42,44% sur un an, surperformant largement le CAC 40.
Le titre de l'avionneur français a reculé de 2,91% mercredi pour terminer à 273,20 euros, après avoir clôturé la veille à 281,40 euros. Les volumes échangés sont restés modestes avec seulement 0,08% du capital qui a changé de mains, témoignant d'une prise de bénéfices limitée après le bond de plus de 6% enregistré lundi à l'annonce de la lettre d'intention ukrainienne. Cette correction intervient alors que le CAC 40 a lui-même reculé de 0,18% à 7 953,77 points. Sur une période plus longue, l'action affiche néanmoins un repli de 1,16% sur sept jours et de 1,66% sur trois mois, mais conserve une remarquable avance de 42,44% sur un an, surpassant largement la progression de 9,28% de l'indice parisien sur la même période.
Sur le plan technique, le titre évolue désormais dans une zone critique. La moyenne mobile à 50 jours s'établit à 281,24 euros, niveau que l'action vient de franchir à la baisse. Le RSI à 56 reste toutefois en zone neutre, suggérant l'absence de surachat ou de survente. Plus inquiétant, l'histogramme MACD en territoire positif (+1,00) reste faible, et le titre se rapproche dangereusement de son support majeur à 269,80 euros, tandis que la résistance se situe à 286,80 euros. Le flux monétaire de Chaikin (CMF) négatif à -0,18 indique une pression vendeuse persistante, confirmant la prudence des investisseurs après l'euphorie du début de semaine.
L'annonce lundi 17 novembre d'une lettre d'intention entre la France et l'Ukraine portant sur l'acquisition de jusqu'à 100 Rafale F4 avait propulsé le titre en forte hausse. Le montant du contrat potentiel pourrait avoisiner 20 milliards d'euros, bien qu'aucun engagement ferme ne soit encore signé. Il ne s'agit pas encore d'un contrat ferme et définitif, ce qui explique en partie la prudence actuelle des investisseurs. Les questions de capacité de production demeurent également un défi majeur : Dassault Aviation vise une cadence de cinq appareils par mois, alors que l'industriel est actuellement à la cadence 3. Les livraisons ne devraient pas débuter avant 2029, avec une flotte complète prévue pour 2035.
Parallèlement, la France et l'Allemagne discuteraient de l'abandon du projet de développement conjoint d'un avion de chasse de nouvelle génération, le SCAF, destiné à remplacer le Rafale et l'Eurofighter d'ici 2040. Le projet, dont le coût est estimé à plus de 100 milliards d'euros, est freiné par des querelles sur le partage des tâches et les droits de propriété intellectuelle, le PDG de Dassault Aviation ayant déclaré en septembre que le constructeur avait la capacité de fabriquer seul la prochaine génération d'avions de combat. Cette incertitude stratégique, bien que moins immédiate que la commande ukrainienne, pèse sur la visibilité à long terme du groupe.
La correction de mercredi s'inscrit dans un mouvement de consolidation classique après une forte poussée spéculative. Le titre reste néanmoins largement au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours située à 287,66 euros, qu'il vient toutefois de repasser sous cette référence de long terme, signe d'un possible changement de dynamique. Les bandes de Bollinger, avec une borne supérieure à 286,67 euros et inférieure à 269,31 euros, encadrent un corridor dans lequel le titre évolue actuellement. L'indicateur stochastique émet un signal de vente, témoignant d'un essoufflement de la dynamique haussière à court terme.
Les investisseurs restent partagés entre l'enthousiasme suscité par les perspectives commerciales exceptionnelles du Rafale et la prudence face aux incertitudes qui entourent la concrétisation de ces annonces. La volatilité élevée du titre, avec un ATR à 4,14 et une volatilité sur un mois de 8,05%, reflète cette hésitation. Le beta quasi nul à 0,02 confirme que l'action évolue de manière totalement décorrélée du marché, portée par des catalyseurs spécifiques au secteur de la défense. Les prochaines séances devraient être déterminantes pour savoir si le titre trouvera un support solide autour des 270 euros ou si une correction plus marquée s'engage vers les 260 euros.