L'action Kering rebondit mais reste sous ses trois moyennes mobiles
Le groupe de luxe présidé par François-Henri Pinault signe un rebond modeste ce mercredi, dans un CAC 40 qui clôture lui aussi en hausse. Le titre reste cependant engoncé sous ses trois moyennes mobiles, à des niveaux qui traduisent la pression baissière accumulée depuis plusieurs semaines.
Un rebond de 1,32 % qui ne comble pas le retard technique accumulé sur le mois
Kering clôture à 237,45 €, en hausse de 1,32 % par rapport à la veille (234,35 €), dans un CAC 40 qui gagne 0,62 % à la clôture. Ce rebond intervient alors que le titre affiche encore un recul de 11,58 % sur un mois, une dynamique baissière qui illustre l'ampleur du retard à combler. Sur la semaine, la performance est également négative à -2,84 %, ce qui relativise la portée du mouvement du jour. Le tableau technique reste pesant.
Le cours évolue en dessous de ses trois moyennes mobiles : la MM20 à 247,02 € (écart de -3,87 %), la MM50 à 256,90 € (écart de -7,57 %) et la MM200 à 264,56 € (écart de -10,25 %). Le RSI à 37, bien qu'encore au-dessus de la zone de survente, traduit un essoufflement vendeur qui s'est légèrement atténué en séance. Le support à 232,25 € reste le seuil à surveiller en cas de nouveau repli, tandis que la résistance à 289,75 € demeure très lointaine au regard du cours actuel.
Des résultats semestriels dégradés et un contexte sectoriel difficile en Chine
Publiés le 29 juillet 2026, les résultats du premier semestre 2026 avaient révélé une contraction marquée des bénéfices, avec un résultat net part du groupe en baisse de 60 % à 189 millions d'euros. Le chiffre d'affaires de Gucci, principale marque du groupe, avait reculé de 5 % en comparable sur la période, et les charges non courantes avaient pesé 223 millions d'euros. Le groupe avait toutefois affiché un désendettement significatif grâce à la cession de Kering Beauté, et la branche joaillerie progressait de 20 % en comparable. Dans ce contexte, la direction avait exprimé sa volonté de renouer avec la croissance et d'améliorer la profitabilité sans donner d'objectif chiffré précis.
Le contexte sectoriel reste difficile : les ventes au détail de bijouterie en Chine ont reculé de 10,1 % sur un an en juillet 2026 selon les données officielles, tandis que la consommation des ménages chinois, publiée ce jour par le Bureau national des statistiques, n'a progressé que de 0,4 % sur un an en août. Pour un groupe largement exposé à la demande haut de gamme en Asie, ce ralentissement de la clientèle chinoise constitue un frein persistant. Par ailleurs, la décision de la Réserve fédérale américaine ce mercredi de relever son taux directeur renforce les tensions sur les conditions financières mondiales, un environnement peu favorable aux valeurs de luxe à valorisation élevée. Selon le consensus des analystes, le titre se traite autour de 37 fois les bénéfices de l'exercice en cours et 23,9 fois ceux de l'exercice suivant, une valorisation qui reflète des attentes encore prudentes sur la reprise des marges.