Le titre du groupe de luxe français a cédé 4,15 % ce mercredi 7 janvier en milieu de séance pour s'établir à 302,45 euros, contre 315,55 euros la veille. Ce repli intervient paradoxalement alors que RBC Capital Markets a relevé son objectif de cours sur la valeur de 280 euros à 340 euros tout en maintenant sa recommandation à 'performance de marché'. Les volumes d'échanges restent faibles avec seulement 0,06 % du capital négocié, confirmant l'attentisme des investisseurs dans un contexte macroéconomique incertain pour le secteur du luxe. L'action Kering abandonne 4,15 % à la mi-journée du 7 janvier, effaçant l'essentiel du rebond hebdomadaire de 0,65 %. Le titre repasse ainsi sous le seuil symbolique des 305 euros et s'approche dangereusement de son support technique à 286,50 euros. Sur trois mois, la performance reste néanmoins positive à 3,44 %, tandis que sur un an, le titre affiche une progression remarquable de 31,59 %, témoignant du chemin parcouru depuis les niveaux historiquement bas touchés au premier trimestre 2025 autour de 230 euros. Cette baisse intervient dans un contexte de marché peu porteur pour la consommation cyclique et de frilosité généralisée sur les valeurs du luxe, le CAC 40 reculant également ce mercredi.Les indicateurs techniques confirment une phase de consolidation après plusieurs semaines de hausse. Le RSI s'établit à 66, en léger repli mais toujours proche de la zone de surachat à 70, suggérant un essoufflement temporaire du momentum haussier. Le cours évolue désormais légèrement sous sa moyenne mobile à 50 jours, établie à 304,36 euros, ce qui constitue un signal d'attention à court terme. À l'inverse, l'histogramme du MACD reste positif à 1,48, indiquant que la tendance de fond demeure favorable. La moyenne mobile à 200 jours, établie à 235,83 euros, confirme une orientation haussière structurelle, le titre évoluant plus de 28 % au-dessus de ce repère clé. Les bandes de Bollinger encadrent le cours entre 285,92 euros et 316,52 euros, laissant peu de marge de manœuvre avant un test de support. RBC Capital relève son objectif mais le marché reste prudent RBC Capital Markets a relevé son objectif de cours à 340 euros contre 280 euros, tout en maintenant sa recommandation à 'performance de marché'. Ce relèvement de 21 % de l'objectif valorise désormais le titre avec un potentiel de hausse de 12 % par rapport au cours de clôture de la veille, mais le titre Kering ne profite pas du relèvement de l'objectif de cours de RBC à 340 EUR, le mouvement de marché l'emportant sur le soutien de l'analyste. La banque canadienne rejoint ainsi Oddo BHF qui avait publié le 18 décembre dernier un objectif à 322 euros avec une recommandation neutre, témoignant d'une convergence progressive des anticipations autour d'une fourchette de 320 à 340 euros.Le consensus des analystes reste toutefois marqué par des divergences notables. Si RBC Capital adopte une position neutre, d'autres établissements affichent plus de prudence, à l'image de Rothschild & Co Redburn qui maintient une recommandation 'vendre' avec un objectif de 240 euros depuis le 1er décembre, ou Pekao qui a dégradé le titre à 'vendre' le 3 décembre avec un objectif de 270,42 euros. HSBC conserve quant à elle sa recommandation 'conserver' avec un objectif abaissé à 340 euros le 4 décembre. Ces positions contrastées reflètent les incertitudes persistantes sur la capacité du groupe à redresser rapidement ses performances, notamment chez Gucci qui représente près de la moitié du chiffre d'affaires. Luca de Meo a annoncé un horizon de 18 mois pour retrouver une trajectoire de croissance, tempérant les attentes d'une amélioration rapide. Un contexte de transformation stratégique et d'allégement financier Kering poursuit sa stratégie de recentrage et de désendettement engagée depuis plusieurs mois. Le groupe a finalisé le 16 décembre 2025 un accord de co-investissement avec Ardian portant sur un immeuble new-yorkais valorisé à 900 millions de dollars, lui permettant d'encaisser 587 millions d'euros tout en conservant l'usage commercial du lieu. Cette opération s'ajoute à la cession de la division beauté à L'Oréal pour 4 milliards d'euros, dont le versement est attendu au premier semestre 2026. Ces cessions visent à réduire une dette nette qui atteignait 9,5 milliards d'euros au premier semestre 2025.Sur le plan opérationnel, le groupe a annoncé le 19 décembre l'acquisition par étapes de Raselli Franco Group, manufacturier italien de joaillerie, pour une prise de participation initiale de 20 % au premier trimestre 2026 valorisée à 115 millions d'euros, avant une montée progressive à 100 % d'ici 2032. Cette première acquisition réalisée par Luca de Meo depuis sa prise de fonction en septembre 2025 illustre la volonté de sécuriser la chaîne de production pour les maisons de joaillerie du groupe (Boucheron, Pomellato, Dodo, Qeelin), segment moins exposé aux cycles de la mode et présentant une récurrence de revenus plus stable. Les résultats du troisième trimestre 2025 ont toutefois confirmé les difficultés, avec un chiffre d'affaires en baisse de 10 % à 3 415 millions d'euros et un recul de 14 % pour Gucci seul, reflétant un trafic en boutique en net retrait et l'absence de relais dans la maroquinerie.