L'action Legrand décroche de 5,5 % et casse ses trois moyennes mobiles
Legrand accuse un net recul ce lundi, se classant parmi les plus fortes baisses de l'indice parisien dans un marché lui-même sous pression. Le repli du titre intervient dans un contexte de tensions monétaires mondiales, avec une semaine de décisions majeures des banques centrales qui pèse sur les actifs jugés sensibles aux taux.
Un repli de 5,5 % qui fait passer le titre sous ses trois moyennes mobiles
Legrand cède 5,46 % à 134,10 € en séance, après une clôture vendredi à 141,85 €. Ce décrochage fait passer le titre sous sa MM20 (138,14 €), sa MM50 (137,86 €) et sa MM200 (139,63 €), trois repères que le cours dépassait encore la semaine dernière. L'écart à la MM200 atteint désormais -3,96 %, signe que la configuration technique s'est nettement détériorée.
Le RSI reste à 55, niveau neutre qui ne reflète pas encore d'excès vendeur particulier, mais le glissement sous l'ensemble des moyennes mobiles en une seule séance représente un changement de configuration notable. Le support à 131,40 € devient la prochaine référence à surveiller, soit un écart d'environ 2 % sous le cours actuel. Sur la semaine, le titre recule de 4,83 %, et de 5,4 % sur un mois.
Un choc monétaire mondial qui durcit le contexte pour les valeurs de croissance
La journée s'inscrit dans une semaine chargée sur le plan des banques centrales : la Fed se réunit mercredi, la Banque d'Angleterre jeudi et la Banque du Japon vendredi, après que la BCE a déjà relevé ses taux directeurs de 25 points de base le 10 septembre, portant sa facilité de dépôt à 2,50 %. Les marchés monétaires évaluent à 85-90 % la probabilité d'un nouveau resserrement américain de 25 pb, dans un contexte où l'inflation américaine est restée à 3,4 % sur un an en août. Ce durcissement monétaire attendu pèse mécaniquement sur les valeurs à multiples élevés, parmi lesquelles Legrand figure traditionnellement. Le CAC 40 cède 0,83 % en séance, mais le repli de Legrand est nettement plus prononcé.
Lors de la publication de ses résultats du S1 2026 le 29 juillet, la société avait pourtant relevé ses objectifs annuels, en faisant état d'une croissance record de +17 % hors change tirée par les centres de données. Le secteur de la construction, auquel le groupe est exposé via la demande en équipements électriques, affronte par ailleurs un climat difficile : le baromètre de conjoncture bâtiment en France ressortait à -18,2 en août 2026 selon les données Eurostat, et les permis de logements reculent de 8 % sur un an. L'ensemble de ces pressions explique la sévérité du repli du jour, le support à 131,40 € faisant office de prochaine référence technique.