L'action LVMH tombe à 405,70 €, un plus bas de 6 ans
Le géant du luxe franchit un nouveau seuil symbolique ce jeudi, touchant en séance un creux inédit depuis la pandémie de Covid-19. Deux révisions d'analystes publiées ces dernières heures illustrent l'ampleur du recalibrage en cours sur la valeur, dans un environnement macro marqué par la flambée du pétrole et l'anticipation d'une hausse de taux de la BCE.
Un plus bas de six ans inscrit alors que le RSI plonge en zone de survente
LVMH cède 1,26 % en séance et cote à 406,05 €, mais c'est le point bas intraday qui retient l'attention : le titre a touché 405,70 € en séance, enfonçant ainsi l'ancien plancher de 405,85 € inscrit en 2020. C'est un plus bas de six ans, atteint dans un CAC 40 qui recule de 0,32 %. Sur un mois, la perte atteint 15,41 %, ce qui classe le titre parmi les plus fortes baisses du CAC 40 à cet horizon. Le graphique témoigne d'une pression continue depuis début septembre.
Le cours évolue très nettement en dessous de ses trois moyennes mobiles : 9,10 % sous la MM20 à 446,68 €, 13,29 % sous la MM50 à 468,28 €, et 21,07 % sous la MM200 à 514,42 €. Le RSI à 29 signale une configuration de survente prononcée, cohérente avec l'ampleur du repli récent, sans qu'un rebond technique ne se soit encore matérialisé. La résistance de référence reste à 486,90 €, soit plus de 19 % au-dessus du cours actuel.
Oddo et HSBC révisent leurs objectifs, un écart considérable avec les cours actuels
Deux avis d'analystes ont été publiés dans les dernières heures. Oddo BHF abaisse ce jeudi son objectif de cours de 590 € à 524 €, tout en maintenant son opinion à « surperformer ». Même à cette cible révisée à la baisse, l'écart avec le cours actuel représente encore près de 29 %. HSBC a pour sa part fait évoluer hier son opinion de « acheter » à « conserver », avec un objectif fixé à 490 €, soit un potentiel de hausse d'environ 20 % par rapport aux niveaux actuels, mais une prudence accrue sur la dynamique à court terme. Ces ajustements interviennent dans un contexte fondamental sous pression.
Lors de la publication des résultats du premier semestre 2026 (le 27 juillet 2026), le groupe avait signalé un effet de change négatif de -5 % pesant sur les ventes et évoqué un contexte géopolitique perturbé parmi ses principaux risques. La flambée du Brent au-dessus de 100 dollars le baril depuis le 9 septembre, dans le sillage des tensions entre les États-Unis et l'Iran, amplifie ces vents contraires pour un groupe dont la clientèle aisée reste sensible au climat macro global. Par ailleurs, les données récentes sur le secteur du luxe en Chine, marché clé du groupe, montrent un recul de 10,1 % en rythme annuel des ventes de bijouterie en juillet 2026 selon le Bureau national des statistiques. La prochaine publication de résultats de LVMH constituera l'échéance de référence pour mesurer l'ampleur de ces effets sur les comptes du groupe.