LVMH : croissance organique de +3 % au T2, portée par la Joaillerie et Dior
LVMH a publié le 27 juillet 2026 ses résultats du premier semestre, marqués par une accélération significative de la croissance organique au deuxième trimestre (+3 %), portée par la Mode et la Joaillerie. Cependant, le chiffre d'affaires semestriel s'établit à 38,6 Md€, en retrait de 3 % en données publiées du fait des devises négatives et du repli du périmètre. Le résultat opérationnel courant atteint 8,7 Md€, en baisse de 4 % en valeur publiée, tandis que la marge opérationnelle s'améliore à 22,5 % et le groupe génère un cash-flow disponible de 4,1 Md€. Pour les investisseurs, la question centrale demeure : cette accélération du T2 signale-t-elle une véritable inflexion de la demande, ou reflète-t-elle un rebond conjoncturel dans un marché du luxe toujours fragilisé par les tensions géopolitiques et l'incertitude économique ?
Ventes en retrait publié, croissance organique accélérante au deuxième trimestre
Les ventes du premier semestre 2026 s'inscrivent à 38,6 Md€, en baisse de 3 % par rapport aux 39,8 Md€ du premier semestre 2025. Cet écart provient principalement d'un effet de change négatif de 5 % et d'un effet de périmètre de 1 % (notamment la cession de Marc Jacobs). Corrigée de ces effets, la croissance organique du groupe s'établit à +2 % sur le semestre. L'accélération intervient nettement au deuxième trimestre, où la croissance organique atteint +3 % (+4 % hors impact du conflit au Moyen-Orient, selon le groupe). Cette progression contraste avec un contexte géopolitique dégradé, amplifié par le conflit régional qui a affecté certains marchés clés. Par région, les États-Unis accélèrent et réalisent un bon semestre, tandis que l'Asie hors Japon confirme une reprise progressive entamée au second semestre 2025. Le Japon enregistre une croissance sur le semestre, et l'Europe démontre une bonne résistance.
Joaillerie et Mode portent la redynamisation ; Cognac et Champagne retrouvent du souffle
Au sein des activités, les contrastes se dessinent clairement. Les Montres et Joaillerie affichent une croissance organique de +9 % au premier semestre et accélèrent à +11 % au deuxième trimestre, portées par le succès des lignes iconiques Tiffany et Bvlgari. La Joaillerie bénéficie du repositionnement créatif des marques et de la rénovation de leurs réseaux de boutiques. La Mode et Maroquinerie, après un repli de 5 % en données publiées, retrouve une croissance organique de +1 % au deuxième trimestre (contre une baisse de 2 % au premier trimestre). Cette inflexion repose sur l'accélération aux États-Unis et le succès des créations de Jonathan Anderson pour Christian Dior, notamment le sac Cigale qui « reçoit un très bel accueil » selon le groupe. Dans les Vins et Spiritueux, le champagne et le cognac enregistrent des signes de reprise. La croissance organique s'établit à +5 % sur le semestre, avec un résultat opérationnel en hausse de 11 %. La marge opérationnelle du groupe s'améliore à 22,5 %, contre 22,0 % en 2025, malgré les pressions inflationnistes et les investissements créatifs.
Cash-flow préservé, dette réduite ; confiance maintenue pour 2026
Le résultat opérationnel courant s'élève à 8,7 Md€ (contre 9,0 Md€ en 2025), en baisse de 4 % en valeur publiée, tandis que la marge opérationnelle s'améliore à 22,5 % (contre 22,0 % en 2025). Le résultat net part du groupe demeure inchangé à 5,7 Md€ (comparé aux 5,7 Md€ du premier semestre 2025). Le cash-flow disponible d'exploitation s'établit à 4,1 Md€, en hausse de 2 % par rapport aux 4,0 Md€ du premier semestre 2025. La position financière s'améliore, avec une réduction de la dette financière nette de 19 % à 8,2 Md€ (contre 10,2 Md€ en 2025) et une augmentation des capitaux propres de 4 % à 69,7 Md€. Bernard Arnault, PDG du groupe, a déclaré aborder « le second semestre avec une confiance renouvelée dans le potentiel à long terme de [nos] Maisons ». Le groupe annonce un acompte sur dividende de 5,50 € mis en paiement le 3 décembre 2026. Malgré un contexte « encore incertain », LVMH réaffirme sa confiance et sa stratégie centrée sur le renforcement de la désirabilité de ses marques.