L'action Pernod Ricard recule de 3,59 % à la clôture, sous les 80 euros
Le producteur de spiritueux enregistre ce mardi 18 novembre une nouvelle séance dans le rouge, s'enfonçant sous le seuil symbolique des 80 euros. Le titre, déjà malmené depuis plusieurs semaines, évolue désormais à des niveaux proches de ses plus bas annuels, dans un contexte boursier difficile.
L'action Pernod Ricard s'établit à 78,44 euros en clôture ce mardi 18 novembre 2025, en repli de 3,59 % par rapport à la veille qui avait vu le titre terminer à 81,36 euros. Les échanges restent atones avec seulement 0,31 % du capital échangé sur la séance, signe d'un attentisme marqué des investisseurs. Cette nouvelle baisse s'inscrit dans une dynamique baissière persistante : sur les sept derniers jours, le repli atteint 6,15 %, tandis que la correction trimestrielle s'élève à 20,2 %. Sur douze mois, la dégradation culmine à 28,07 %, alors que le CAC 40 progresse de 9,61 % sur la même période. L'indice parisien a lui-même terminé en forte baisse de 1,86 % à 7 967,93 points, ajoutant à la pression vendeuse sur les valeurs du luxe et des biens de consommation discrétionnaire.
Le contexte fondamental reste pesant depuis la publication des résultats du premier trimestre de l'exercice 2025-2026 mi-octobre. Le groupe avait alors enregistré un recul de 14,3 % de son chiffre d'affaires, affecté par des performances décevantes aux États-Unis et en Chine, deux de ses marchés stratégiques. Ces difficultés persistent, alimentées par des ajustements de stocks chez les distributeurs et un ralentissement de la consommation de spiritueux premium dans ces zones géographiques. Les dirigeants ont néanmoins réaffirmé leurs objectifs à moyen terme pour les exercices 2027 à 2029, tablant sur une croissance organique annuelle moyenne des ventes comprise entre 3 et 6 %.
Le titre s'inscrit principalement dans le mouvement baissier général du marché parisien et dans la continuité de sa dynamique négative amorcée depuis plusieurs semaines. Les données internes révèlent toutefois une activité notable de la part des dirigeants, avec 10 opérations d'achat représentant 37 038 titres (environ 1,93 million d'euros) et une seule cession de 695 titres (58 463 euros), témoignant d'une forme de confiance affichée par l'actionnariat interne. Par ailleurs, trois positions courtes nettes restent actives, représentant environ 0,81 % du capital du groupe. Le titre se rapproche du prochain détachement du dividende prévu le 26 novembre 2025, avec un versement de 2,35 euros par action, soit un rendement estimé de 5,75 % au cours actuel.
Sur le plan financier, Pernod Ricard a réussi fin octobre à placer avec succès une émission obligataire de 1,2 milliard d'euros en deux tranches (7 et 11 ans), une opération de refinancement bien accueillie par les investisseurs institutionnels. Cette transaction témoigne de la solidité du bilan du groupe, malgré un environnement opérationnel dégradé. Les dirigeants ont également précisé que l'exercice 2026 serait une année de transition, avec une amélioration progressive attendue au second semestre, mais sans retour immédiat à la croissance.
D'un point de vue technique, la situation du titre apparaît fortement dégradée. Le RSI à 28 confirme une zone de survente marquée, un niveau rarement atteint qui suggère un excès de pessimisme à court terme, mais ne garantit pas un rebond imminent dans un marché orienté à la baisse. Le cours évolue désormais largement sous ses moyennes mobiles : à 23,44 euros sous la MM50 (86,01 euros) et 14,05 euros sous la MM200 (92,49 euros), signe d'une tendance baissière structurelle solidement installée. Le seuil de support immédiat se situe à 81,36 euros, niveau de la veille déjà franchi à la baisse, tandis que la résistance technique s'établit à 90,26 euros, désormais éloignée. La volatilité sur un mois reste élevée à 5,54, reflétant l'instabilité du titre dans un contexte de marché nerveux. Le MACD, avec un histogramme négatif à -0,44, confirme l'absence de signal de retournement haussier à court terme. Les investisseurs suivront de près le comportement du titre autour du seuil psychologique des 78 euros, proche du plus bas annuel, et la réaction du marché lors du détachement du dividende la semaine prochaine.