L'action Renault bondit de 6,35 % à la clôture malgré la dégradation d'UBS
Le titre Renault a terminé la séance du jeudi 4 décembre sur un gain spectaculaire de 6,35 %, atteignant 37,01 euros. Cette forte progression intervient paradoxalement au lendemain de la dégradation de la recommandation d'UBS, qui a abaissé le constructeur automobile de « neutre » à « vendre ». Avec un volume d'échanges représentant 0,79 % du capital, l'action surperforme nettement le CAC 40, qui ne progresse que de 0,43 %.
La veille, UBS avait ramené son objectif de cours de 38 à 28 euros, pointant un carnet de commandes en baisse, une dégradation des conditions tarifaires et des stocks plus élevés chez les concessionnaires. L'analyste David Lesne a estimé que malgré un avertissement sur les bénéfices en juillet, les actions avaient bien résisté, mais prévoit désormais une année 2026 plus difficile. UBS anticipe une marge d'Ebit à environ 5,2 % contre 6,5 % pour l'exercice 2025. La banque suisse table sur un résultat opérationnel 16 % en dessous du consensus pour 2026.
Pourtant, le titre s'est nettement redressé dès le jeudi, à la suite d'un relèvement de la recommandation de Bank of America de « neutre » à « achat » avec un objectif de cours passé de 38 euros à 42 euros. Renault s'affiche ce soir comme la plus forte hausse du CAC 40. Cette résilience s'inscrit dans une dynamique plus large : l'action gagne 7,74 % sur une semaine et affiche une progression de 13,67 % sur trois mois. En revanche, sur un an, le repli reste sensible à -6,8 %, contre une hausse de 11,94 % pour le CAC 40. La moyenne mobile à 50 jours s'établit à 34,68 euros, niveau désormais franchi par le cours actuel, témoignant d'une reprise technique.
Les indicateurs techniques délivrent des signaux mitigés mais pointent vers une possible poursuite de la dynamique haussière à court terme. Le titre évolue au-dessus de sa bande de Bollinger supérieure fixée à 36,54 euros, ce qui suggère une accélération du momentum acheteur après une période de consolidation. La moyenne mobile à 50 jours à 34,68 euros, largement dépassée, confirme ce regain d'intérêt. Cependant, le RSI se situe à seulement 34, bien en dessous du seuil de neutralité à 50, ce qui laisse encore une marge de progression avant d'atteindre une zone de surachat.
Autre élément technique notable : l'histogramme du MACD est légèrement négatif à -0,03, avec une MACD Line à 0,05 inférieure à la Signal Line à 0,08. Cette configuration indique une phase de consolidation après un mouvement baissier récent, mais la proximité des deux lignes suggère qu'un croisement haussier pourrait intervenir prochainement. Le franchissement du seuil de résistance à 36,84 euros constitue un signal technique fort, ouvrant potentiellement la voie vers de nouveaux sommets à court terme.
Sur un plan fondamental, Renault reste sous pression malgré ce rebond technique. Deux dates importantes se profilent : la publication des résultats annuels le 19 février et la réunion du comité directeur en mars.
Le contexte sectoriel demeure difficile, avec une concurrence accrue des constructeurs chinois et des tensions sur les prix. Le beta faible de 0,22 indique que le titre est historiquement moins volatile que le marché, ce qui peut rassurer les investisseurs en période d'incertitude. La volatilité sur un mois s'établit à 7,53 %, un niveau modéré. À court terme, le support majeur à surveiller se situe à 33,09 euros, tandis que le franchissement de l'ancienne résistance à 36,84 euros ouvre de nouvelles perspectives haussières pour les prochaines séances.