L'action Renault décroche, plombée par la remontée des taux
Le constructeur au losange cède du terrain ce vendredi dans un CAC 40 lui-même orienté à la baisse, s'imposant comme l'une des valeurs les plus pénalisées de l'indice parisien. Le repli intervient alors que plusieurs grandes banques centrales viennent de relever leurs taux directeurs, dans un contexte macro chargé qui pèse sur les valeurs cycliques.
Un recul qui ramène le titre sous sa MM20 dans un marché sous pression de taux
Renault recule de 2,42 % à 28,25 € en séance, effaçant une bonne partie du rebond enregistré la veille, qui avait vu le titre reprendre la tête du CAC 40. Le constructeur repasse ainsi sous sa moyenne mobile à 20 jours (28,81 €), tout en restant au-dessus de la MM50 à 27,93 €, avec un léger coussin de 1,15 %. Le mouvement s'inscrit dans un CAC 40 en repli de 0,69 % et un SBF 120 également dans le rouge, alors que la Banque du Japon a relevé ce vendredi son taux directeur à 1,25 %, son plus haut depuis 1995, dans le sillage d'une Fed qui a remonté ses taux cette semaine pour la première fois depuis 2023.
Ce contexte de remontée généralisée des taux pèse sur les secteurs cycliques, dont l'automobile fait partie. Le RSI à 52 reste neutre, sans signal de survente, ce qui ne plaide pas pour un rebond technique immédiat. Le support naturel à surveiller se situe à 27,22 €, soit environ 3,6 % sous le cours actuel.
Des positions courtes en hausse et une décote de valorisation marquée sur le titre
Sur le fond, la pression baissière reste perceptible au-delà de la séance. Selon les déclarations consultées, sept fonds cumulent 7,06 % du capital vendus à découvert, un niveau élevé, en progression de 0,88 point sur trente jours. Ce mouvement traduit une défiance institutionnelle persistante sur la valeur, sans pour autant signaler une accélération brutale du pari baissier.
Sur un an, le titre accuse encore un repli de près de 20 %, ce qui place la valorisation à un niveau historiquement bas : selon le consensus des analystes recensés, l'action se paie environ 4,3 fois les bénéfices attendus de l'exercice en cours. Ce multiple reflète un doute persistant sur la trajectoire bénéficiaire du groupe, alors qu'au moment de la publication des résultats du S1 2026 le 30 juillet dernier, Renault avait affiché un chiffre d'affaires en hausse de 9,5 % à 30,3 Md€ avec un mix électrifié en Europe atteignant 52,0 %, en progression de 8,2 points. La résistance technique à 29,72 € reste l'obstacle immédiat à franchir pour un éventuel retournement haussier.