L'action Soitec enfonce ses plus bas de 2017 à la clôture du 21 novembre
Le titre du fabricant français de matériaux semi-conducteurs Soitec clôture ce vendredi 21 novembre à 23,30 euros, en repli de 3,4 % par rapport à la veille. Ce nouveau recul, enregistré dans des volumes soutenus représentant 2,21 % du capital échangé, porte à près de 39 % la chute hebdomadaire de la valeur et matérialise une réaction prolongée à la publication de résultats semestriels décevants le 19 novembre. Soitec affiche désormais une performance annuelle négative de 63,3 %, très loin du CAC 40 qui gagne 10,9 % sur la même période.
Le groupe isérois a enregistré une perte nette de 67 millions d'euros au premier semestre de son exercice fiscal 2026, contre un bénéfice de 14 millions d'euros un an plus tôt. Au cœur de ces éléments, une dépréciation de 41 millions d'euros sur les actifs SmartSiC vient refléter un repositionnement des anticipations de marché sur les substrats en carbure de silicium. Le chiffre d'affaires s'est contracté de 32 % à 231 millions d'euros sur la période, illustrant la faiblesse persistante des marchés des communications mobiles et de l'automobile. Le titre navigue désormais à 40 % sous sa moyenne mobile à 50 jours établie à 38,80 euros et à 48,6 % sous celle à 200 jours située à 45,32 euros.
Cette configuration technique traduit une dégradation marquée de la tendance de fond. La valeur évolue également largement en-dessous de son seuil de résistance à 44,33 euros, tandis que le support immédiat à 24,12 euros vient d'être franchi à la baisse en séance, le titre ayant touché un plus bas intrajournalier à 22,62 euros. L'indicateur de survente s'affirme toutefois nettement, avec un RSI établi à 14, niveau signalant une pression vendeuse extrême qui pourrait techniquement favoriser un rebond technique à court terme. La configuration des bandes de Bollinger, avec une borne inférieure à 30,16 euros et le cours actuel sous ce seuil, confirme cette situation d'excès baissier.
Le MACD est négatif et inférieur à sa ligne de signal, configuration qui dégrade les perspectives sur le titre. Les indicateurs de momentum sont unanimes pour décrire un titre sous forte pression : la ligne MACD s'établit à -2,63 contre une ligne de signal à -1,66, pour un histogramme négatif de -0,98. Cette dynamique baissière se manifeste dans un environnement de marché où le CAC 40 termine la séance quasi-stable à 7 982,65 points avec une très légère progression de 0,02 %, soulignant le mouvement spécifique du dossier Soitec.
Le titre affiche une volatilité mensuelle de 37,78, parmi les plus élevées de la cote parisienne, témoignant d'une nervosité extrême des investisseurs face aux perspectives dégradées du groupe. La performance du deuxième trimestre reflète une forte dynamique en Edge & Cloud AI, la poursuite de l'ajustement des stocks en Communications mobiles et un marché Automobile atone. La présence de trois positions courtes nettes représentant environ 0,57 % du capital illustre par ailleurs la méfiance d'opérateurs spéculatifs sur l'évolution à venir du dossier.
La direction du groupe, par la voix de son directeur général Pierre Barnabé, a annoncé anticiper une hausse séquentielle du chiffre d'affaires au troisième trimestre comprise entre 5 et 9 % par rapport au deuxième trimestre, tout en reconnaissant la persistance d'un environnement difficile. Le titre, qui reste sur six séances dans le rouge, évolue au plus bas depuis janvier 2017. Les analystes restent partagés, certains comme Oddo BHF ayant abaissé leurs objectifs de cours tout en maintenant un avis positif sur le long terme, tandis que d'autres comme UBS conservent une recommandation d'achat. Le marché sanctionne néanmoins sévèrement la visibilité limitée et la phase prolongée de déstockage chez les clients du groupe, dans un secteur des semi-conducteurs qui traverse une période de normalisation après les tensions d'approvisionnement des années précédentes. La capitalisation boursière continue de s'effriter, plaçant Soitec dans une zone de valorisation historiquement basse qui pourrait à terme attirer des investisseurs de valeur, sous réserve d'une stabilisation des fondamentaux opérationnels.