L'action Teleperformance dévisse de près de 14 %, lanterne rouge du SBF 120
Le titre Teleperformance subit une lourde correction en milieu de matinée, dans un SBF 120 pourtant orienté à la hausse. La publication trimestrielle du concurrent américain Concentrix, marquée par une compression des marges et des perspectives décevantes, déclenche un mouvement de défiance sur l'ensemble du secteur des centres de contact. La valeur signe la lanterne rouge de l'indice élargi et inscrit un nouveau plus bas pluriannuel.
Un plus bas de huit ans déclenché par la publication décevante de Concentrix
L'action recule de 13,62 % à 44,90 € en séance, après avoir touché 43,65 € en intraday, son plus bas niveau depuis 2018. Le mouvement intervient dans la foulée de la publication trimestrielle de Concentrix, principal concurrent américain sur le marché des centres de relation client. Le groupe américain a affiché un chiffre d'affaires de 2,46 milliards de dollars au deuxième trimestre, en hausse de 1,9 % sur un an, mais son résultat opérationnel a chuté à 95,4 millions de dollars contre 148,3 millions un an plus tôt. La marge d'EBITDA ajustée se replie de 70 points de base, à 14,1 %.
Les perspectives annuelles déçoivent également : Concentrix vise un BPA dilué de 10,83 à 11,18 dollars, en deçà des attentes du marché. Le bureau d'études AlphaValue pointe une pression accrue sur les marges et une délocalisation grandissante de l'activité, deux facteurs qui pèsent par capillarité sur Teleperformance. La sanction est immédiate : le titre signe la lanterne rouge du SBF 120, loin devant Kering (-4,69 %) et DBV Technologies (-4,33 %).
Cassure des supports techniques et pression maintenue des positions vendeuses
La séance enfonce le support des 53,06 €, déjà cédé la semaine dernière, et propulse le titre nettement sous l'ensemble de ses moyennes mobiles. Le cours se situe désormais 22,75 % sous la MM20 (58,12 €) et plus de 26 % sous la MM50 (60,73 €), traduisant une rupture nette avec la tendance des dernières semaines. Le RSI à 36 reflète la tension vendeuse, sans atteindre encore une zone de survente extrême. Sur un mois, la perte atteint près de 29 %, et près de 45 % sur un an.
Selon les déclarations consultées, dix fonds cumulent une position courte nette de 12,01 % du capital, en progression de 0,40 point sur trente jours. Ce niveau élevé traduit un positionnement institutionnel toujours sceptique sur la trajectoire du groupe, sans pour autant signaler une accélération récente du pari baissier. Sur la base du consensus des analystes recensés, l'action se paie environ 3,4 fois les bénéfices attendus de l'exercice en cours, un multiple qui reflète la défiance persistante sur les perspectives de croissance du secteur face aux mutations de l'intelligence artificielle conversationnelle.