L'action TotalEnergies plonge de plus de 5 %, lanterne rouge du CAC 40
La major pétrolière française subit la séance la plus rude du CAC 40, à contre-courant d'un indice parisien franchement haussier. Le titre est rattrapé par la chute du Brent, sur fond d'accord-cadre annoncé entre Washington et Téhéran. La cassure d'un seuil technique surveillé accentue le mouvement.
Le titre perd plus de 5 % sous le coup d'un Brent en repli marqué
L'action TotalEnergies cède 5,21 % à 72,40 €, contre une dernière clôture à 76,38 €. Le titre signe la plus forte baisse du CAC 40, alors que l'indice gagne 1,08 % à 8 441,47 points. Shell recule de 4,34 % en parallèle, dans un compartiment énergie isolé du rebond général. Le mouvement est directement lié au repli du Brent, qui tombe à 84,29 dollars le baril (-3,48 % en séance), après l'annonce d'un accord-cadre américano-iranien prolongeant le cessez-le-feu de 60 jours et prévoyant la réouverture progressive du détroit d'Hormuz.
Ce détroit, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, était quasi bloqué depuis plus de trois mois, ce qui alimentait une prime de risque géopolitique aujourd'hui en train de se dégonfler. Le repli efface tout le bénéfice de la dynamique récente : sur une semaine, le titre perd désormais 6,42 %, et sur un mois 7,51 %. La baisse du jour s'inscrit dans la continuité du décrochage du 12 juin, déjà provoqué par les premiers signaux de désescalade au Moyen-Orient. Le scénario inverse de mai, lorsque l'action approchait des 80 € avec un Brent à 111 dollars, se referme nettement.
Le seuil de 75,18 € cède et ouvre la voie vers la MM200 à 63,34 €
La rupture du support à 75,18 € est le fait technique marquant de la séance. Le titre repasse franchement sous ses moyennes mobiles courtes, avec un écart de 6,66 % sous la MM20 à 77,57 € et de 6,52 % sous la MM50 à 77,45 €. La MM200 à 63,34 €, restée 14,30 % en dessous du cours, constitue le prochain repère structurel à moyen terme. Le RSI à 45 reste en zone neutre, ce qui n'indique aucune survente immédiate susceptible de freiner mécaniquement la baisse.
Le MACD reste en territoire négatif, l'histogramme à -0,02 confirmant l'essoufflement amorcé depuis plusieurs séances. Sur la valorisation, l'action se paie environ 7,4 fois les bénéfices de l'exercice en cours selon le consensus des analystes recensés, un multiple qui reflète la sensibilité du dossier au cycle pétrolier. Le prochain rendez-vous opérationnel sera l'augmentation de capital réservée aux salariés à 62 €, dont la souscription s'inscrit dans le calendrier déjà annoncé. À court terme, le comportement du titre dépendra de la trajectoire du brut, alors que la Banque mondiale retient un Brent moyen à 94 dollars en 2026 dans son scénario de base.