L'action Valeo chute de 13% à la clôture sur des objectifs jugés décevants
Valeo a dévoilé jeudi son plan stratégique Elevate 2028, visant un chiffre d'affaires de 22 à 24 milliards d'euros en 2028, avec une marge opérationnelle de 6 à 7 % et un flux de trésorerie disponible après intérêts d'au moins 500 millions d'euros. Le retour de la croissance n'est attendu qu'à partir de 2027, quand les prises de commandes vont réellement se matérialiser, et le chiffre d'affaires 2026 est prévu autour des 20,5 milliards d'euros anticipés cette année, en baisse par rapport aux 21,5 milliards de 2024. La réaction du marché a été immédiate et sévère : le cabinet Jefferies a jugé ces nouveaux objectifs à moyen terme "susceptibles de décevoir", soulignant des ambitions de croissance plus faibles et des objectifs de marge se situant dans le bas des attentes, réitérant sa recommandation Conserver avec un objectif de cours de 10,35 euros.
L'action Valeo a clôturé jeudi en chute de 13,04 % à 10,40 euros, accusant l'une des plus fortes baisses de la cote parisienne dans un marché pourtant orienté à la hausse, le CAC 40 gagnant 0,34 % à 7 981,07 points. Les analystes de Jefferies ont souligné que Valeo semble avoir privilégié le réalisme à l'ambition lors de cette journée des marchés des capitaux, « ce qui n'est certainement pas une mauvaise voie à suivre, mais pourrait décevoir, particulièrement compte tenu de l'importance croissante de BRAIN", la division axée sur la conduite automatisée. Les volumes échangés ont représenté 1,16 % du capital, traduisant une participation active des investisseurs à ce mouvement baissier.
Cette sanction boursière intervient dans un contexte déjà fragilisé pour l'équipementier, qui accuse une baisse de 17,46 % sur sept jours et de 2,62 % sur trois mois. Les objectifs du précédent plan 2022-2025 de l'équipementier automobile, soit 27,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 6,5 % de marge opérationnelle, n'ont pas pu être atteints à cause d'une révision à la baisse des prévisions pour le marché automobile mondial, des gains de parts de marché des constructeurs chinois et d'une trajectoire d'électrification moins rapide que prévu. Sur un an, le titre affiche néanmoins une progression de 23,22 %, surperformant le CAC 40 qui gagne 10,39 % sur la même période.
Sur le plan technique, le titre évolue désormais sous sa moyenne mobile à 50 jours établie à 11,15 euros, signe d'un affaiblissement de la tendance de court terme. L'évolution récente de cette moyenne mobile 50 révèle un repli progressif, passant de 11,20 euros à 10,49 euros sur les vingt dernières séances, témoignant d'une détérioration continue du momentum. Le RSI s'établit à 45, en zone neutre mais se rapprochant de la zone de survente, ce qui suggère un équilibre précaire entre acheteurs et vendeurs sans signal d'excès dans un sens ou dans l'autre.
Le cours actuel se situe légèrement au-dessus du seuil de support identifié à 9,82 euros, mais bien en deçà de la résistance majeure à 12,60 euros. L'histogramme MACD est négatif à -0,07, la ligne MACD (0,36) restant sous la ligne de signal (0,43), configuration qui témoigne d'une dynamique baissière à court terme. La volatilité mensuelle élevée de 14,63 % reflète les incertitudes pesant sur le secteur automobile et sur les perspectives de l'équipementier, tandis que le bêta quasi nul (-0,02) indique une faible corrélation avec le marché dans son ensemble.
Jefferies a commenté que « Valeo était confronté aujourd'hui à un exercice difficile, trouver le juste équilibre entre fixer des objectifs réalistes et atteignables, et insister sur le potentiel d'amélioration », ajoutant qu'"il semble que Valeo ait choisi la première option, ce qui n'est certainement pas un mauvais chemin à emprunter, mais susceptible de décevoir". Le marché sanctionne ainsi la prudence affichée par la direction dans un secteur automobile en pleine mutation. La présence de huit positions courtes nettes représentant environ 1,30 % du capital témoigne d'ailleurs d'une défiance persistante de certains investisseurs à l'égard du dossier.
Les investisseurs restent désormais dans l'attente de signaux concrets de redressement opérationnel pour accompagner ces ambitions affichées à horizon 2028.