Latécoère : chiffre d'affaires en hausse de 15,2 % au premier semestre, EBITDA en net repli
Latecoere a publié le 22 septembre 2026 ses comptes du premier semestre 2026, clos le 30 juin. Le partenaire de rang 1 des grands constructeurs aéronautiques enregistre une croissance organique de 19 %, portée par les montées en cadence de l'industrie, mais voit sa rentabilité sous-jacente diminuer.
Le groupe explique cette dégradation par les difficultés liées aux montées en cadence, aux pressions inflationnistes, aux tensions sur la chaîne d'approvisionnement et à un environnement de change défavorable.
Chiffre d'affaires à 431,6 millions d'euros, EBITDA courant à 3,7 millions
Le chiffre d'affaires du premier semestre 2026 s'est élevé à 431,6 millions d'euros, contre 374,6 millions un an plus tôt, soit une croissance en valeur de 15,2 % et une croissance organique de 19,3 %. La progression en données publiées intègre l'effet de la cession de MADES intervenue en août 2025. Cette dynamique a été portée par l'augmentation des cadences de production des constructeurs, les revenus issus de nouveaux contrats et des initiatives commerciales.
L'EBITDA courant s'est établi à 3,7 millions d'euros, contre 22,3 millions au premier semestre 2025. La marge d'EBITDA courante ressort à 0,8 % du chiffre d'affaires, contre 5,9 % un an plus tôt. Le résultat net du groupe s'est élevé à -23,5 millions d'euros, contre -6,8 millions au premier semestre 2025. Le résultat financier net s'est amélioré, à -7,9 millions d'euros contre -16,3 millions, sous l'effet de pertes de change latentes moins élevées.
Aérostructures en perte, Systèmes d'interconnexion et Services en progression
La divergence entre divisions structure la publication. La division Aérostructures, qui pèse 237,0 millions d'euros de chiffre d'affaires (en hausse de 16,6 %), affiche un EBITDA courant en perte de 25,6 millions d'euros, contre un profit de 5,6 millions un an plus tôt. Le groupe attribue cette évolution aux investissements dans des ressources à court terme, à la faible productivité initiale liée à la montée en cadence et à un environnement de change défavorable.
À l'inverse, la division Systèmes d'interconnexion a généré 139,2 millions d'euros de chiffre d'affaires (en hausse de 16 %, et d'environ 30 % hors effet MADES) et un EBITDA courant de 16,0 millions d'euros, contre 7,7 millions un an plus tôt, portant sa marge à 11,5 %. La division Latecoere Services a atteint 55,3 millions d'euros de chiffre d'affaires (en hausse de 7,8 %) et un EBITDA courant de 13,3 millions d'euros, contre 8,9 millions, soit une marge de 24,1 %.
Perspectives prudentes et renégociation de la dette PGE jusqu'en 2029
Pour l'exercice 2026, le groupe prévoit désormais un EBITDA courant inférieur au niveau atteint en 2025, en révision par rapport à son précédent communiqué. Il anticipe également une baisse marginale du flux de trésorerie disponible opérationnel par rapport à l'exercice précédent, en raison de la dégradation de la rentabilité et de l'augmentation du besoin en fonds de roulement lié aux montées en cadence.
La direction évoque une amélioration attendue de la rentabilité et des flux de trésorerie au second semestre par rapport au premier, grâce à l'augmentation des volumes et aux efforts d'efficacité opérationnelle. Au 30 juin 2026, la trésorerie et les équivalents de trésorerie s'élevaient à 45,6 millions d'euros et la dette nette à 162,6 millions d'euros (hors mécanisme de Retour à Meilleure Fortune de 7,2 millions d'euros).
Après la clôture, un accord de principe a été conclu avec les prêteurs du Prêt Garanti par l'État, prévoyant une prolongation de l'échéance jusqu'au 31 décembre 2029, une révision des ratios de dette et une modification du calendrier d'amortissement. Sa finalisation est attendue d'ici la fin octobre 2026. Un accord destiné à augmenter la capacité de financement adossée aux stocks a par ailleurs été finalisé en juillet avec BZ Private Credit Limited.