LDLC renoue avec les bénéfices à 10,2 M€, mais prévient sur 2026/2027
Groupe LDLC enregistre jeudi une inversion spectaculaire de sa profitabilité avec un bénéfice net de 10,2 M€ (contre une perte de 10,9 M€ un an plus tôt) et une marge brute établie à 24,5 %, au-dessus de son corridor normalisé. Cette amélioration repose toutefois sur une accumulation stratégique de stocks et sur l'effet non-récurrent de la gestion des prix à la hausse.
Pour 2026/2027, le groupe anticipe une contraction significative des revenus, principalement liée au report de lancements de nouveaux produits prometteurs jusqu’à fin 2027, dans un contexte également marqué par l’absence de nouveaux lancements de cartes graphiques Nvidia et par des tensions de prix sur certains composants.
Marge brute record et EBITDA en hausse de 22,7 M€
Le chiffre d'affaires consolidé 2025/2026 atteint 554,1 M€, en hausse de 3,7 % sur douze mois. La marge brute s'élève à 135,6 M€, en progression de 20,0 %, tandis que le taux de marge brute bondit à 24,5 %, dépassant largement la fourchette normalisée du groupe (21-22 %).
L'EBITDA progresse de 22,7 M€ pour atteindre 24,2 M€ (contre 1,5 M€ en 2024/2025), et la marge d'EBITDA s'établit à 4,4 %, soit une amélioration de 4,1 points de pourcentage. Ce redressement reflète l'augmentation de la marge brute et l'impact des mesures de réduction des coûts déployées au cours des deux derniers exercices. Le groupe a notamment réduit les frais de personnel de 8,2 %, passant de 12,0 % à 10,6 % des revenus.
Le bénéfice d'exploitation (EBIT) s'élève à 15,5 M€ contre une perte d'exploitation de 7,3 M€ en 2024/2025, soit une amélioration de 22,8 M€. Cette performance intègre zéro charge de goodwill pour l'exercice 2025/2026, contre 36 M€ de dépréciations l'année précédente.
Stocks accumulés et dette nette en hausse
Le groupe a adopté une politique prudente de constitution de stocks face à la hausse des prix, expliquant en grande partie l'accumulation de 48,6 M€ de besoin en fonds de roulement. Cette stratégie a généré une sortie de trésorerie d'exploitation de 32,1 M€ sur l'exercice.
En parallèle, la dette nette progresse de 6,1 M€ à 42,2 M€. Le groupe a remboursé 12,2 M€ d'emprunts tout en contractant de nouveaux prêts pour 4,0 M€. Malgré cette hausse, la structure financière demeure solide : les capitaux propres s'établissent à 100,3 M€ (contre 90,2 M€) et la trésorerie à 7,1 M€. Le groupe anticipe une stabilisation graduelle des niveaux de stocks au cours de l'exercice, favorable à la génération de trésorerie.
2026/2027 : baisse prévue des revenus et marge maintenue sous réserve
Pour l'exercice 2026/2027, le groupe prévoit une contraction significative des revenus, principalement due au report des lancements de nouveaux produits prometteurs jusqu'à fin 2027 et aux tensions de prix persistantes sur certains composants. Cette baisse ne reflète cependant qu'un ajournement temporaire des ventes plutôt qu'une érosion durable de la demande, selon le groupe.
Olivier de la Clergerie, directeur général, affirme être confiant dans la capacité du groupe à maintenir une profitabilité en ligne avec celle de 2025/2026. Cette confiance s'appuie sur quatre leviers : discipline managériale privilégiant les marges sur les volumes, gestion prudente des stocks, impact annualisé des mesures 2025/2026 et optimisation continue des coûts (notamment l'arrêt des opérations LDLC School et VR Studio). Le groupe relève sa fourchette normalisée de marge brute de 21-22 % à 22-23 %, reflétant l'amélioration attendue du contexte pour cet exercice.