Neurones : le chiffre d'affaires bondit de 5,8 %, mais la marge se contracte
Le spécialiste français du conseil et des services numériques affiche un chiffre d'affaires en hausse de 5,8 % en 2025, surperformant un marché en recul. Mais cette expansion commerciale cache une réalité moins brillante : la marge opérationnelle se contracte et le résultat net reste quasi-stable, signalant des défis d'exécution non négligeables.
Croissance sans débordement de profits
Neurones a enregistré un chiffre d'affaires de 857,2 millions d'euros en 2025, en progression de 5,8 % par rapport à l'année précédente (810,4 millions). Cette performance relativise la morosité du secteur : le marché du conseil et des services numériques a reculé de 1,8 % sur la même période, ce qui positionne le groupe en surperformance claire. La croissance organique, épurée des effets de périmètre, s'établit à 5,1 %, confirmant une dynamique endogène solide. Parallèlement, l'effectif a augmenté de 121 personnes, passant de 7 087 à 7 208 salariés, soutenant cette expansion.
La marge opérationnelle recule malgré la croissance du chiffre d'affaires
Là où le bât blesse, c'est sur la ligne de fond. Le résultat opérationnel d'activité s'est établi à 82,1 millions d'euros (9,6 % de marge), contre 84,1 millions en 2024 (10,4 %). Bien que le second semestre ait marqué un retour à la normalité, selon le communiqué, la marge opérationnelle globale reste comprimée de 80 points de base. Le résultat net part du groupe illustre cette tension : 52,1 millions d'euros en 2025, quasi-identique aux 52,5 millions de 2024. Autrement dit, Neurones croît en chiffre d'affaires mais génère moins de profit sur cette base augmentée. Le résultat net global du groupe (61,9 millions) a également décliné, passant de 63,2 millions en 2024. Le cash-flow libre, bien que jugé satisfaisant à 62,2 millions d'euros, a reculé de plus de 16 % comparé aux 74,6 millions de 2024, reflétant une conversion moins efficace en liquidités.
Une trésorerie de guerre pour aborder 2026 avec optimisme
Neurones compense cette fragilité relative en accumulation de ressources financières. La trésorerie nette d'endettement a augmenté à 336,6 millions d'euros, soit 14 euros par action, contre 319,5 millions en 2024. Cette position de force donne au groupe une capacité de manœuvre accrue face à des perspectives jugées porteuses : IA, data, cloud et cybersécurité figurent au cœur de la stratégie 2026. L'entreprise a limité ses investissements industriels (Capex) à 10,3 millions d'euros, priorisé vers la plateforme de cloud souverain. Le besoin en fonds de roulement a été maîtrisé, avec un accroissement limité à 5,3 millions. Au titre de 2025, un dividende en hausse de 7,7 % sera proposé à l'assemblée générale du 4 juin : 1,4 euro par action, contre 1,3 euro précédemment, signal d'une confiance retrouvée dans la génération de cash future.