Novacyt : CA en hausse de 4 % à 20 M£, mais la trésorerie recule à 19,1 M£
Novacyt affiche une croissance légère mais soutenue. Le chiffre d'affaires progresse de 4 % (5 % à changes constants) pour atteindre 20,0 M£, dépassant modestement les attentes du marché fixées à 19,8 M£. La perte d'EBITDA s'améliore, reculant à 7,8 M£ contre 9,1 M£ l'année précédente. Ces chiffres reflètent une trajectoire de stabilisation après deux années de remise en ordre opérationnel et de réduction de coûts.
Mais derrière cette apparente reprise, la situation reste fragile. La perte nette atteint 22,9 M£, la trésorerie s'érode à 19,1 M£, et le groupe affiche toujours un déficit. Novacyt présente désormais une nouvelle stratégie visant une croissance organique du chiffre d’affaires à deux chiffres à partir de 2026, une marge brute supérieure à 60 % et une trajectoire vers la rentabilité d’EBITDA.
Croissance par segment : l'instrumentation s'envole, la recherche recule
Les performances du groupe affichent un contraste marqué selon les activités. Le segment Instrumentation progresse vigoureusement de plus de 25 %, porté par le lancement réussi de LightBench® Discover, un instrument 3-en-1 de haute précision destiné au séquençage à longues lectures. Dix unités ont été déployées au cours des cinq mois suivant son lancement, en Amérique du Nord, au Royaume-Uni, en Europe, en Turquie et en Indonésie. Le segment Clinique affiche une progression modérée de 3 %, à 13,8 M£, soutenu par l'acquisition d'un nouveau client stratégique en région Asie-Pacifique et une croissance supérieure à 10 % des technologies NIPT (non-invasive prenatal testing). En parallèle, la région Asie-Pacifique accélère avec une augmentation d'environ 12 % du chiffre d'affaires, atteignant 5,8 M£. En revanche, le segment Recherche (RUO) s'érode de 10 %, reculant à 3,7 M£, en raison de la baisse des ventes du catalogue de produits Primer Design. Cette contraction neutralise partiellement les gains réalisés ailleurs.
Marges stables mais pertes opérationnelles toujours massives
La marge brute du groupe demeure inchangée à 63 %, s'établissant à 12,6 M£ contre 12,3 M£ l'année précédente en excluant les effets non récurrents. Cette stabilité reflète une maîtrise satisfaisante du coût de production malgré la légère hausse des ventes.
Cependant, cette performance opérationnelle reste engluée dans une couche de dépenses structurelles et d'amortissements qui pèsent lourdement. La perte d'exploitation s'élève à 28,5 M£ (contre 37,3 M£ en 2024). La perte d’exploitation reste toutefois grevée en 2025 par une dépréciation de 14,4 M£ des actifs incorporels, y compris le goodwill, liés à l’acquisition de Yourgene Health.
Les dépenses opérationnelles reculent de seulement 0,7 M£ (4 %) à périmètre comparable, traduisant une certaine rigidité des coûts malgré les fermetures de sites et réductions d'effectifs.
La trésorerie s'érode significativement, passant de 30,5 M£ à 19,1 M£, consommée par 9,2 M£ de sortie pour activités opérationnelles. Cette consommation annuelle, associée à la perte d'EBITDA persistante, impose une discipline financière stricte.
Croissance à deux chiffres promise, et objectif d'atteindre la rentabilité d'EBITDA conformément au plan de croissance organique
En octobre 2025, la direction a dévoilé sa nouvelle stratégie assortie d'objectifs clairs : croissance du chiffre d'affaires à deux chiffres d'une année sur l'autre (à partir de 2026), maintien d'une marge brute supérieure à 60 %, et atteinte de la rentabilité d'EBITDA conformément aux plans de croissance organique.
Cette ambition s'appuie sur des catalyseurs réels. L'acquisition de Southern Cross Diagnostics en mars 2026 (4,4 M£ en numéraire) ouvre l'accès direct au marché australien en forte croissance et aux comptes stratégiques clés en Asie-Pacifique. Une augmentation de capital de 0,8 M€ a également renforcé le bilan.
Après la clôture, la signature d'un contrat avec un hôpital en Islande pour un service NIPT national (volume estimé à 3 500 échantillons par an, valeur 2,0 M£ sur quatre ans) illustre la progression commerciale.
Mais la trésorerie de 11,0 M£ au 31 mars 2026 (après l'acquisition et l'augmentation de capital) impose une exécution sans faille. Au rythme de consommation actuel (9,2 M£ annuels en 2025), la marge de manœuvre financière reste étroite pour absorber les aléas ou accélérer les investissements en R&D.