Le CAC 40 plombé par les tensions sur le pétrole, seule la tech résiste
À la mi-journée ce mercredi, le CAC 40 cède 0,43 % à 8 069 points, dans un marché où 27 valeurs sur 40 évoluent dans le rouge. La flambée du Brent au-delà de 114 dollars le baril, nourrie par l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran autour du blocus iranien, pèse sur le moral des investisseurs européens. Seules quelques valeurs technologiques et industrielles parviennent à tirer leur épingle du jeu.
Une séance sous le signe du pétrole et des tensions au Moyen-Orient
L'ambiance est lourde sur les marchés européens en ce milieu de semaine. Le Brent s'envole de plus de 3 % en une seule séance, porté par le blocage persistant entre les États-Unis et l'Iran. Washington envisagerait un blocus prolongé des ports iraniens, selon des informations relayées par RFI à partir du Wall Street Journal. Le détroit d'Ormuz, artère vitale du commerce pétrolier mondial, reste au cœur des préoccupations : Ursula von der Leyen a appelé à garantir la pleine liberté de navigation dans cette zone névralgique.
Ce contexte géopolitique tendu irradie l'ensemble des places financières. Le FTSE 100 londonien recule de 0,55 % en séance, tandis que le DAX allemand fait du surplace (+0,03 %). De l'autre côté de l'Atlantique, Wall Street a clôturé la veille en repli : le S&P 500 a perdu 0,49 %, le Dow Jones 0,05 % et le Nasdaq 0,90 %. En Asie, le Nikkei a terminé en baisse de 1,02 %, tandis que le Hang Seng a pris 1,68 % à la clôture du jour. Paris s'inscrit donc dans une tendance prudente partagée par la plupart des Bourses occidentales.
Sur le SBF 120, le repli est similaire, à -0,38 %. La dispersion des valeurs du CAC 40 est nettement négative : une seule valeur est stable, douze progressent et vingt-sept reculent. Le marché parisien évolue clairement en mode défensif.
STMicroelectronics, Capgemini et Airbus : le trio qui résiste
Dans ce climat morose, c'est STMicroelectronics qui domine le palmarès, avec un bond de 3,80 % à 43,80 euros. Le fabricant de semi-conducteurs bénéficie de l'annonce de capteurs d'image dix fois moins énergivores, les VD55G4 et VD65G4, destinés aux appareils portables et intelligents. Cette nouvelle génération de composants, issue du portefeuille ST BrightSense, est désormais disponible pour les premiers adoptants.
Capgemini suit avec une progression de 2,94 % à 102,20 euros, sans catalyseur identifié à cette heure. Le secteur technologique dans son ensemble fait figure de valeur refuge relative dans cette séance dominée par l'aversion au risque.
Airbus gagne 2,43 % à 170,14 euros, malgré un premier trimestre contrasté. Le constructeur aéronautique a certes vu ses commandes nettes bondir à 398 appareils contre 204 un an plus tôt, mais son chiffre d'affaires a reculé de 7 % et son bénéfice ajusté a été divisé par deux, à 300 millions d'euros. RBC Capital a par ailleurs abaissé son objectif de cours de 225 à 200 euros, tout en maintenant une recommandation de surperformance. Derrière ce trio, ArcelorMittal (+1,07 %) et Legrand (+0,88 %) complètent le haut du classement.
Pernod Ricard, Kering et Vinci en queue de peloton
Du côté des baisses, Pernod Ricard accuse le plus fort recul du CAC 40, lâchant 2,61 % à 62,60 euros. Le groupe de spiritueux, déjà fragilisé ces derniers mois, continue de souffrir sans annonce spécifique à cette heure.
Kering chute de 1,97 % à 231,45 euros, dans un secteur du luxe qui reste sous pression. Vinci, de son côté, abandonne 1,91 % à 126,10 euros. Le groupe de BTP et concessions fait partie des valeurs les plus pénalisées de la matinée, aux côtés d'AXA (-1,68 % à 40,29 euros) et de Dassault Systèmes (-1,57 % à 18,50 euros).
La tonalité générale de la séance reste donc nettement orientée à la baisse, le marché parisien absorbant la hausse brutale des cours du pétrole et les incertitudes géopolitiques croissantes au Moyen-Orient. L'ensemble de la cote européenne reflète cette prudence, dans un contexte où la question de l'approvisionnement énergétique mondial occupe de nouveau le devant de la scène.