CAC 40 : les bancaires plombent la cote, Stellantis dévisse de près de 8 %
Le CAC 40 cède 0,87 % à 8 001,81 points jeudi à la mi-journée, fragilisé par un décrochage marqué du compartiment bancaire et une sanction sévère sur Stellantis. La dispersion est nette : 23 valeurs reculent contre seulement 16 en hausse, signe d'une orientation vendeuse généralisée malgré quelques résistances industrielles.
Une séance parisienne à contre-courant des autres places européennes
Paris fait figure de mauvais élève en Europe ce jeudi matin. Le DAX allemand grappille 0,13 % et le FTSE 100 londonien progresse de 0,84 %. À l'inverse, le SBF 120 abandonne 0,78 %, dans le sillage de l'indice phare parisien. La toile de fond reste lourde : la flambée du Brent, qui a touché 126,41 dollars en matinée avant de revenir vers 124,64 dollars, son plus haut niveau depuis mars 2022, continue de peser sur le climat de marché. Le blocage prolongé du détroit d'Ormuz alimente les craintes d'un choc énergétique durable, qui s'ajoute désormais aux publications trimestrielles européennes.
En Asie, les places ont clôturé en repli, le Nikkei reculant de 1,06 % et le Hang Seng de 1,28 %, confirmant la tonalité prudente qui prévaut depuis l'ouverture parisienne.
Engie en tête, soutenu par l'accord nucléaire belge
Au sein des quelques valeurs en hausse, ENGIE domine le palmarès avec un gain de 2,32 % à 27,37 euros. Le titre est porté par l'annonce d'une lettre d'intention signée avec l'État belge et Electrabel, ouvrant des négociations exclusives en vue du rachat par la Belgique de l'ensemble des activités nucléaires du groupe dans le pays, soit sept réacteurs et leurs actifs et passifs associés.
Derrière, Veolia Environnement avance de 1,87 % à 35,46 euros, tandis que Thales gagne 1,35 % à 233,20 euros, dans un environnement géopolitique qui maintient les valeurs de défense sous les projecteurs. Bureau Veritas (+1,24 %) et Capgemini (+1,17 %) complètent le quintet de tête, dans des proportions plus modestes.
Stellantis sanctionné, les banques françaises décrochent en bloc
La séance est dominée par le plongeon de Stellantis, qui chute de 7,73 % à 6,13 euros. Le constructeur a pourtant renoué avec les bénéfices au premier trimestre 2026, avec un résultat net positif de 400 millions d'euros et des revenus en hausse de 6 % à 38,1 milliards d'euros. Le marché retient surtout les défis de rentabilité persistants et les disparités géographiques, notamment en Asie-Pacifique et en Amérique du Sud. Renault, qui avait dépassé Stellantis en parts de marché en mars, recule également de 2,21 % à 29,21 euros, dans le sillage du secteur automobile.
Le compartiment bancaire est l'autre grand perdant de la matinée. Crédit Agricole abandonne 6,30 % à 16,14 euros, le jour même où le groupe a annoncé le remboursement de ses obligations AT1 en livres sterling le 23 juin 2026. Société Générale perd 5,75 % à 66,91 euros et BNP Paribas cède 4,50 % à 86,44 euros. Les trois grandes banques françaises, ensemble, expliquent une part substantielle du repli de l'indice à la mi-journée et donnent le ton d'une séance globalement défensive.