OCI Global renforce sa trésorerie après la vente d’OCI Ammonia et la sortie de Methanex
OCI Global a finalisé la vente d’OCI Ammonia Holding à AGROFERT et entièrement monétisé sa participation dans Methanex Corporation. Le bilan s'en trouve fortement revalorisé, avec une trésorerie nette portée à 1,08 milliard de dollars au 29 mai, mais la profitabilité de l'activité résiduelle ressort comprimée par des coûts énergétiques élevés et une volatilité opérationnelle accrue.
Un désengagement massif transforme la structure du groupe
OCI Global a finalisé en premier trimestre un redéploiement stratégique d'envergure. La vente à AGROFERT de sa filiale Ammonia (OCI Ammonia Holding) a été conclue le 31 mars pour 290 millions d'euros, générant environ 319 millions de dollars de produits nets après ajustements. Le groupe a également cédé l'intégralité de sa participation dans Methanex Corporation (9,9 millions d'actions, soit 12,9 % du capital) par une série de blocs d'échanges durant le trimestre et après, réalisant un prix moyen pondéré de 54,56 dollars l'action, soit 21 % au-dessus du prix d'entrée fixé en septembre 2024, pour un total net d'environ 543 millions de dollars.
Parallèlement, le groupe a cédé la nouvelle unité d'ammoniac de Beaumont à Woodside le 25 mars, recevant 470 millions de dollars de contrepartie différée (20 % du montant total). Ces trois opérations cristallisent la stratégie de redimensionnement, qui concentre désormais l'activité d'exploitation autour d'OCI Nitrogen (OCIN), l'activité azote européenne, tandis que des démarches stratégiques sont en cours pour cette dernière.
L'activité résiduelle sous pression de marges, malgré des volumes en hausse
L'EBITDA ajusté d'OCI Nitrogen sur base autonome s'établit à 52 millions de dollars au T1 2026. Les volumes de ventes produits en propre ont atteint 539 mille tonnes, en hausse comparé aux 484 mille tonnes du T1 2025, reflétant une reprise relative de l'activité. Cependant, cette amélioration volumétrique ne s'est pas traduite en rentabilité accrue : les marges demeurent comprimées par des coûts de gaz naturel d'entrée élevés, malgré un environnement tarifaire azoté plus favorable durant la période et le soutien de certaines couvertures énergétiques.
Le flux de trésorerie disponible opérationnel d'OCIN au T1 s'avère négatif à 33 millions de dollars, pénalisé par une sortie de fonds de roulement de 76 millions de dollars, reflétant principalement le dénouement des optimisations de créditeurs et débiteurs réalisées fin 2025. Un problème opérationnel temporaire a affecté l'une des lignes d'ammoniac, nécessitant des importations pour combler le manque ; cette ligne a depuis redémarré. À l'avenir, la performance de trésorerie court terme sera impactée par des arrêts de maintenance programmés et la normalisation du fonds de roulement.
Bilan fortement renforcé, mais coûts de siège en relief
Le groupe affiche une position de trésorerie nette de 695 millions de dollars au 31 mars 2026 (hors produits de ventes Methanex réalisées après cette date), comparée à une position de dette nette de 54 millions de dollars le 31 décembre 2025. Ajustés des produits de Methanex collectés après mars, la trésorerie nette du groupe atteint environ 1,08 milliard de dollars au 29 mai. Ce renforcement reflète les encaissements des cessions de Beaumont et d'OCI Ammonia Holding et la monétisation de la participation Methanex, partiellement contrebalancés par les coûts HoldCo en cours (y compris éléments non récurrents) et l'élimination de la trésorerie nette d'OCI Ammonia post-cession.
Les coûts corporate des Corporate Entities ressortent à 18,5 millions de dollars au T1 2026, demeurant élevés au regard de la cible précédemment guidée. Cette surcharge reflète les frais liés aux procédures Enterprise Chamber, à la cession potentielle d'OCI Nitrogen, au dénouement des sinistres du projet Beaumont et à d'autres coûts non récurrents (indemnités de départ, engagements contractuels, frais de transaction, bancaires, juridiques et de conseil). Pour 2026, ces coûts devraient dépasser la cadence annualisée du T1, en raison de ces facteurs persistants.