OL Groupe : EBE quasi à l'équilibre, mais 126 M€ de dépréciations plombent le résultat
Le club lyonnais affiche une amélioration marquée de son excédent brut d'exploitation (EBE) au premier semestre 2025/2026, revenant quasi à l'équilibre à -2,2 millions d'euros contre -46,1 millions un an plus tôt. Mais ce redressement, fruit d'une réduction drastique des charges menée par la nouvelle direction, est entièrement occulté par des dépréciations comptables massives (126,2 millions d'euros) liées au risque de défaut d'Eagle Bidco, son actionnaire majoritaire, placée en administration judiciaire au Royaume-Uni en mars 2026.
Chiffre d'affaires stable, structure des coûts optimisée
Le total des produits s'élève à 121,3 millions d'euros au 31 décembre 2025, en légère progression de 3 % par rapport au semestre comparable de l'exercice précédent, qui atteignait 117,6 millions d'euros. Cette stabilité masque des mouvements contrastés : les revenus de cessions de joueurs progressent de 30 % à 45,3 millions d'euros, soutenant l'activité de trading. En contraste, les produits hors trading reculent de 8 % à 76 millions d'euros, pénalisés par la baisse des droits audiovisuels de Ligue 1 (-5,1 millions) consécutive à la rupture du contrat DAZN, et par une activité événementielle réduite (-7,2 millions).
La réduction des charges porte ses fruits : les charges externes diminuent de 11,1 millions d'euros (ratio ramené à 32 % des produits contre 42 % en N-1), tandis que les frais de personnel reculent de 38,8 millions d'euros (50 % des produits contre 84 % en N-1). Cette maîtrise budgétaire, menée via un plan de départ volontaire et un trading actif estival, génère une amélioration de 44 millions d'euros de l'EBE.
Dépréciations massives et découverte de garanties cachées
Le résultat opérationnel s'établit à -163,7 millions d'euros, dégradé de 73,3 millions par rapport à N-1, en raison de dépréciations de créances portant sur 126,2 millions d'euros. Ces provisions couvrent l'ensemble des créances sur Eagle Bidco (40 millions) et une part significative des créances sur Botafogo (86 millions sur 142 millions). Sans ces dépréciations purement comptables, le résultat opérationnel aurait atteint -37,5 millions d'euros, en amélioration de 52,9 millions.
Le groupe a en parallèle découvert des garanties non déclarées, consenties par la Société ou sa filiale OL SASU entre août 2023 et avril 2025, pour couvrir les obligations de Botafogo et RWDM Molenbeek auprès de tiers. Ces engagements hors bilan correspondent à des montants nominaux initiaux d'environ 30 M€, 19,9 M€ et environ 30 M€ ; les montants réclamés ou réservés s'élèvent à 1,1 M€, 3,9 M€ et 14,8 M€ (soit 19,8 M€), sans provision comptabilisée.
Continuité d'exploitation suspendue à un changement d'actionnaire
Les capitaux propres ressortent à -347,9 millions d'euros, dégradés par le résultat du semestre, tandis que l'endettement net (y compris créances et dettes nettes sur des contrats de joueurs) atteint 674,6 millions d'euros au 31 décembre 2025. Le groupe a reçu en juillet 2025 un prêt actionnaire de 92,4 millions d'euros, mais l'arrêté des comptes repose sur l'hypothèse d'une arrivée d'un nouvel actionnaire d'ici juin 2026 et de la mise en œuvre d'un plan de financement et de restructuration. Un comité ad hoc composé d'administrateurs indépendants supervise le processus de vente des 88 % détenus par Eagle Bidco, lancé par Cork Gully (administrateur judiciaire). Le groupe a obtenu le 6 mai 2026 une dérogation (waiver) de la part de ses prêteurs RCF/TL en raison d'un défaut sur ratio au 31 décembre 2025. Ces mesures de restructuration doivent être finalisées d'ici la fin de la saison sportive.