Chine : la hausse des coûts énergétiques fragilise les marges des PME, selon Coface
Selon une analyse de Coface publiée lundi, la Chine dispose de meilleurs amortisseurs face aux tensions énergétiques au Moyen-Orient que ses concurrents asiatiques. Cependant, la hausse des coûts des intrants commence à éroder les marges des entreprises chinoises, en particulier les PME.
Une résistance fondée sur le mix énergétique et les réserves
Coface souligne que la Chine limite pour l'instant les risques de rupture d'approvisionnement liés aux tensions au Moyen-Orient. Le charbon domestique demeure largement dominant dans son mix énergétique, tandis que le pétrole et le gaz ne représentent que 39 % de la consommation finale d'énergie, bien en-deçà de la moyenne mondiale (62 %).
Le détroit d'Ormuz, par lequel transitent 35 % des flux pétroliers destinés à la Chine, reste stratégique mais moins critique qu'ailleurs. Les réserves stratégiques de pétrole chinoises permettent de couvrir près de 100 jours d'importations nettes, offrant un coussin temporel face à une tension prolongée.
Des marges fragilisées malgré la stabilité des prix à la consommation
En mars 2026, les prix à la production en Chine ont augmenté de 0,5 % sur un an, une première progression annuelle depuis plus de trois ans, selon Coface. Les chaînes pétrochimiques ont contribué significativement à cette dynamique. Pour l'instant, cette hausse est absorbée par les secteurs intermédiaires dans un contexte de demande finale fragile, et les prix à la consommation restent modérés grâce aux mécanismes de régulation des prix du carburant et à la progression des véhicules électriques.
Néanmoins, l'analyse de Coface indique que les PME apparaissent particulièrement vulnérables, n'ayant pas la capacité de répercuter les hausses de coûts. Plusieurs secteurs (textile, chimie, fibres synthétiques) réduisent déjà leur production. Les grands groupes, bénéficiant de contrats long terme et d'économies d'échelle, absorbent mieux le choc.
Un risque majeur si la crise s'étire
Coface avertit qu'un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait entraîner une flambée durable des prix de l'énergie, pesant lourdement sur la croissance mondiale. Un doublement des prix de l'énergie par rapport aux niveaux d'avant-guerre pourrait réduire la croissance mondiale de plus d'un point de pourcentage en 2026, avec des répercussions directes sur la demande adressée à la Chine. Junyu Tan, économiste pour l'Asie du Nord chez Coface, conclut : « La Chine parvient pour l'instant à éviter un choc d'approvisionnement majeur grâce à son mix énergétique et à son écosystème industriel. Mais la hausse durable des coûts crée un nouveau front de vulnérabilité : celui des marges, en particulier pour les entreprises les plus exposées et les moins capables de répercuter les hausses de prix. »