OSE Immunotherapeutics : perte nette de 37,7 M€ en 2025, trésorerie disponible jusqu’au début du T4 2026
OSE Immunotherapeutics a publié jeudi ses résultats 2025 marqués par un recul des produits opérationnels, qui passent de 83,4 millions d'euros en 2024 à 2,7 millions d'euros en 2025. La biotech nantaise, qui avait bénéficié en 2024 de produits non récurrents liés à AbbVie et Boehringer Ingelheim, enregistre désormais une perte nette de 37,7 millions d'euros. Parallèlement, sa trésorerie s'érode et elle annonce disposer de ressources financières suffisantes jusqu'au début du quatrième trimestre 2026, créant une tension immédiate autour de son besoin de financement.
Des revenus opérationnels effondrés, les dépenses en R&D en hausse
Les produits opérationnels sont passés de 83,4 millions d'euros en 2024 à 2,7 millions d'euros en 2025. Cette baisse reflète l'absence de produits non récurrents : en 2024, la majorité des revenus provenait de la comptabilisation immédiate du paiement initial d'AbbVie (42,2 millions d'euros) pour la licence sur OSE-230, de l'avenant Boehringer Ingelheim sur BI 765063 (25,3 millions d'euros) et de l'achat d'actif lié à la plateforme anti-PD1/cytokine (13,5 millions d'euros). En 2025, les produits opérationnels s’élèvent à 2,7 millions d’euros, reflétant principalement 1,4 million d’euros générés par Tedopi® dans le cadre d’une autorisation d’accès compassionnel en France et 0,8 million d’euros issus de la comptabilisation différée d’une partie du paiement initial d’AbbVie.
Les frais de recherche et développement augmentent de 11,5 %, passant de 30,4 millions d'euros à 33,9 millions d'euros, reflétant l'avancement des programmes, notamment l'essai de Phase 3 Artemia pour Tedopi® en recrutement actif. Le crédit d'impôt recherche baisse, passant de 5,3 millions d'euros à 4,6 millions d'euros.
Des frais administratifs alourdis par des charges non récurrentes
Les frais généraux et administratifs augmentent de 34,0 %, s'établissant à 8,8 millions d'euros contre 6,5 millions d'euros en 2024. Cette progression est principalement due à des frais juridiques liés au renouvellement complet de la gouvernance survenu lors de l'Assemblée générale du 30 septembre 2025 et à des procédures judiciaires engagées contre certains actionnaires minoritaires. Hors ces charges non récurrentes, les frais généraux représentent 7,8 millions d'euros, en progression de 19,5 % d'une année sur l'autre. Le résultat opérationnel ressort à une perte de 37,5 millions d'euros en 2025, contre un bénéfice de 43,7 millions d'euros en 2024, creusé par l'absence des produits exceptionnels de l'année précédente. Le résultat net affiche une perte de 37,7 millions d'euros, contre un bénéfice de 37,4 millions d'euros en 2024, soit un retournement de plus de 75 millions d'euros.
Une trésorerie qui s'érode avant un besoin urgent de financement
La trésorerie et les équivalents de trésorerie s’élèvent à 17,0 millions d’euros au 31 mars 2026, contre une trésorerie totale de 22,7 millions d’euros au 31 décembre 2025 en incluant les dépôts à terme classés en actifs financiers courants et non courants.
Sur la base de ses ressources actuelles, OSE Immunotherapeutics estime que sa trésorerie sera suffisante pour financer ses activités jusqu'au début du quatrième trimestre 2026. Cet horizon très court crée une urgence : la société évalue plusieurs options pour prolonger son financement, dont un potentiel nouveau partenariat stratégique, un financement en fonds propres ou une restructuration de sa dette existante.
Le flux de trésorerie net lié aux activités opérationnelles s'établit à (34,0) millions d'euros en 2025, contre un flux positif de 48,4 millions d'euros en 2024 généré par les produits non récurrents. La société précise que si elle ne réalise pas d'opérations de financement suffisantes avant le 28 mai 2026 (date de publication des comptes audités), les commissaires aux comptes devront inclure une incertitude matérielle sur la continuité d'exploitation.