Schneider Electric : chiffre d'affaires record de 9,8 Mds€ au T1, mais le change pèse
Schneider Electric a enregistré un chiffre d'affaires record de 9,8 milliards d'euros au premier trimestre 2026, affichant une croissance organique de 11,2 %, portée par la vigueur des centres de données et de l'Amérique du Nord. Malgré cet élan commercial, le groupe fait face à des effets de change négatifs (moins 6,7 % du chiffre d'affaires) et à des incertitudes géopolitiques croissantes qui grèvent les perspectives régionales. La direction a réaffirmé ses objectifs 2026 mais signale une vigilance accrue sur les marchés fragiles.
Centres de données et Amérique du Nord tirent la croissance
Le chiffre d'affaires du premier trimestre s'établit à 9 767 millions d'euros en croissance organique de 11,2 %, bénéficiant d'une dynamique à deux chiffres dans les modèles Systèmes (plus 16 %) et Produits (plus 9 %). L'activité Gestion de l'énergie progresse de 12,8 % en organique, alimentée par une croissance à deux chiffres des centres de données sur l'ensemble des géographies, particulièrement en Amérique du Nord où la demande demeure concentrée. L'Amérique du Nord, qui représente 38 % du chiffre d'affaires trimestriel, affiche une progression organique de 14,4 %, tandis que la Chine et l'Asie de l'Est enregistrent une hausse de 14,2 %. Les États-Unis génèrent une croissance à deux chiffres alimentée par les volumes et l'impact prix, avec les centres de données comme principal moteur. L'Automatismes industriels progresse plus modérément, de 4,4 % en organique, avec une reprise continue du marché des industries manufacturières (discrete).
Les effets de change grignotent les gains, incertitude persistante
Malgré la solidité organique, le groupe subit un impact de change de moins 6,7 % au trimestre, ramenant la croissance publiée à 4,7 %. Pour l'ensemble de 2026, Schneider Electric anticipe un impact de change compris entre moins 750 et moins 850 millions d'euros, pénalisant d'environ 10 points de base la marge d'EBITA ajusté. Le groupe souligne une incertitude accrue liée aux évolutions macroéconomiques et géopolitiques, affectant certains marchés régionaux. La région Asie du Sud et International pourrait subir des perturbations au deuxième trimestre en raison de tensions au Moyen-Orient. La France et l'Allemagne connaissent des croissances mesurées (respectivement en simple chiffre milieu de gamme), tandis que le marché résidentiel chinois et américain demeure sous pression des taux d'intérêt.
Objectifs 2026 maintenus : croissance d'EBITA entre 10 % et 15 %
Schneider Electric réaffirme son objectif de croissance organique de l'EBITA ajusté 2026 comprise entre 10 % et 15 %, soutenu par une croissance organique du chiffre d'affaires entre 7 % et 10 %. Le groupe anticipe une amélioration de la marge d'EBITA ajusté de 50 à 80 points de base en organique, portant celle-ci à environ 19,1 % à 19,4 %. La direction table sur un impact prix net positif en valeur au cours de l'année et sur une contribution équilibrée des quatre régions à la croissance. Elle prévoit également une montée en puissance des Logiciels et Services avec priorité aux revenus récurrents. En parallèle, un programme de rachat d'actions systématique de 2,5 à 3,5 milliards d'euros est en cours jusqu'à fin 2030, ayant généré 110 millions d'euros de rachats depuis son lancement en mars 2026.