Dalkia, Eiffage et RATP signent le contrat du réseau de chaleur parisien pour 25 ans
La Ville de Paris, la Banque des Territoires et le groupement Dalkia-Eiffage-RATP Solutions Ville ont signé les actes constitutifs et contractuels de la Société d'économie mixte à opération unique (SEMOP) titulaire du nouveau contrat de concession du réseau de chaleur urbain parisien. Cette nouvelle concession assurera l'exploitation, la modernisation et la décarbonation du service public de chauffage urbain à partir du 1er janvier 2027 pour une durée de 25 ans.
Structure et composition de la SEMOP
Le contrat de concession a été signé le 10 avril 2026 entre la Ville de Paris et une SEMOP associant la Ville de Paris (34 %), la Banque des Territoires (15 %) et le groupement constitué par Dalkia, Eiffage et RATP Solutions Ville (51 %). L'accord est entré en vigueur le 23 avril 2026 suite à sa notification par la Ville de Paris.
Le Conseil de Paris a approuvé le choix du groupement le 17 décembre 2025, au terme d'une procédure de sélection lancée en 2023. Cette nouvelle SEMOP prend la succession de la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain (CPCU), qui exploite le réseau depuis 1927. Le service public actuel arrive à échéance le 31 décembre 2026.
Périmètre et envergure du réseau
Le réseau de chaleur parisien alimente aujourd'hui près d'un million de personnes à Paris et dans 16 communes limitrophes : Asnières-sur-Seine, Aubervilliers, Boulogne-Billancourt, Charenton-le-Pont, Choisy-le-Roi, Clichy-la-Garenne, Gennevilliers, Gentilly, Île-Saint-Denis, Issy-les-Moulineaux, Ivry-sur-Seine, Le Kremlin-Bicêtre, Levallois-Perret, Saint-Denis, Saint-Ouen et Vitry-sur-Seine.
Sur la durée de 25 ans de la concession, le nombre d'abonnés devrait augmenter de 6330 à 9100 (+ 43 %), avec 40 % de nouveaux abonnés raccordés en zones blanches. La longueur du réseau (vapeur et eau chaude) passera de 534 km à 750 km (+ 40 %).
Objectifs de décarbonation et d'investissement
La SEMOP prévoit un plan d'investissement de près de 3,4 milliards d'euros sur 25 ans. Dès 2034, la part des énergies renouvelables et de récupération (EnR²) passera de 50 % à 76 % du mix énergétique, permettant une réduction de 50 % des émissions de CO2. L'objectif à l'horizon 2050 est d'atteindre 100 % d'énergies renouvelables et de récupération.
Neuf sources d'énergie bas-carbone seront mobilisées : géothermie, récupération de chaleur sur l'eau de Seine, valorisation de la chaleur fatale du métro, unités de valorisation énergétique, pellets, bois B, combustibles solides de récupération, biocombustibles, et électricité via des pompes à chaleur et deux chaudières électriques. La part du gaz sera réduite de 50 % d'ici 2034. Sur toute la durée de la concession, 12 millions de tonnes de CO2 seront évitées par rapport à l'utilisation d'énergies fossiles.
La concession comprend également une baisse de tarif dès 2027 pour 70 % des usagers du réseau. Le nombre de collaborateurs au statut IEG (Industries Électriques et Gazières) passera de 550 à 617 sur les 25 ans.