Société Générale améliore sa rentabilité au T1 malgré des revenus quasi stables
Société Générale a publié jeudi des résultats du premier trimestre 2026 marqués par une amélioration sensible de la profitabilité. La banque affiche une rentabilité sur capitaux propres tangibles (ROTE) de 11,7 %, largement au-dessus de sa cible annuelle de plus de 10 %, portée par une réduction structurelle des frais de gestion qui a compensé une croissance très contenue.
Une profitabilité qui dépasse les attentes malgré des revenus atones
Société Générale a enregistré un résultat net part du groupe de 1 696 millions d'euros au T1-26, traduisant une ROTE de 11,7 % qui ressort très au-dessus de la cible 2026. Ce rebond de la rentabilité repose d'abord sur une maîtrise stricte des coûts. Les frais de gestion ont diminué de 6,0 % en données brutes, atteignant 4 330 millions d'euros, grâce notamment aux cessions réalisées dans le cadre du plan de transformation du groupe, pour 100 millions d’euros, aux effets de change (57 millions d'euros) et à la baisse des charges de transformation (62 millions d'euros).
Le coefficient d'exploitation, baromètre de l'efficacité opérationnelle, s'améliore nettement à 60,9 % contre 65,0 % un an plus tôt. Cette dynamique des coûts contraste avec la modération du côté des revenus. Le produit net bancaire s'établit à 7 106 millions d'euros, en hausse de seulement 0,3 % par rapport au T1-25, soit 4,4 % à périmètre et change constants. Cette croissance très mesurée révèle des situations très disparates selon les divisions.
Des métiers qui évoluent à des rythmes divergents
La Banque de détail en France, Banque Privée et Assurances affiche des revenus en hausse de 8,9 % (10,7 % à change constant), portée notamment par un fort rebond de 12,0 % de la marge nette d'intérêt. Les actifs sous gestion de la Banque Privée progressent de 6 %, tandis que les encours d'assurance vie augmentent de 8 %.
À l'inverse, la Grande Clientèle et Solutions Investisseurs souffre. Ses revenus reculent de 4,9 %, notamment sur les activités de taux, crédit et change, qui chutent de 18,2 % face à une activité commerciale moins dynamique et des conditions de marché moins favorables en Europe. Les revenus des métiers actions s'apprécient de 5,5 % à un niveau record, tandis que les services titres progressent de 7,7 %.
Le pôle Mobilité, Banque de détail et Services financiers à l'International enregistre une progression de 2,9 % (à périmètre et change constants). BoursoBank, filiale digitale, contribue au résultat net pour 92 millions d'euros, en ligne avec un objectif annuel 2026 supérieur à 300 millions d'euros.
Capital solidement dimensionné, coût du risque maîtrisé
Le coût du risque ressort à 25 points de base, soit 355 millions d'euros, en bas de la fourchette cible 2026 (25-30 pb), avec un taux brut d'encours douteux de 2,75 %, en légère baisse par rapport à 2,81 % fin décembre 2025. Le taux de couverture net des encours douteux s'établit à 82 %.
Sur le plan de la solidité financière, le ratio CET1 ressort à 13,5 %, offrant un coussin d’environ 325 points de base au-dessus de l’exigence réglementaire, le ratio intégrant environ -6 points de base liés à la consolidation des activités de Bernstein aux États-Unis. La BCE a notifié une augmentation de 25 points de base de l'exigence de capital au titre des coussins combinés, dont 12,5 pb à compter de janvier 2027 et 12,5 pb en janvier 2028. Cette trajectoire reste compatible avec l'objectif du groupe de maintenir un CET1 au-dessus de 13 %.