Solvay : chiffre d'affaires en recul de 7,4 % au T2, guidance annuelle confirmée
Solvay a publié des résultats en baisse au deuxième trimestre 2026, marqués par la fermeture temporaire de son usine Peroxides en Arabie saoudite depuis la mi-mars. Le chiffre d'affaires a reculé de 7,4 % en organique et la marge d'EBITDA s'est comprimée de 2,8 points de pourcentage. Cependant, le groupe anticipe le redémarrage de cette installation au troisième trimestre et maintient sa guidance pour l'année : un EBITDA sous-jacent entre 770 et 850 millions d'euros et un free cash-flow d'au moins 200 millions d'euros.
Chiffre d'affaires et marge érodés par l'arrêt de l'usine Peroxides
Le chiffre d'affaires net du deuxième trimestre a atteint 1 031 millions d'euros, en baisse de 7,4 % en organique par rapport au T2 2025, sous l'effet conjugué de la faiblesse persistante des prix du carbonate de soude sur les marchés export et de l'impact du conflit au Moyen-Orient.
L'EBITDA sous-jacent s'est établi à 187 millions d'euros, soit une marge de 18,1 %, en repli de 2,8 points de pourcentage par rapport au T2 2025 (20,9 %). Cette contraction reflète en parts égales l'impact de l'arrêt de l'usine et un gain exceptionnel de 20 millions d'euros enregistré au T2 2025 qui n'a pas eu d'équivalent au trimestre suivant.
Sur le semestre, le recul est moins prononcé : le chiffre d'affaires cumule 2 028 millions d'euros (−8,0 % en organique) et la marge d'EBITDA ressort à 20,0 %, en baisse de 1,6 point de pourcentage. Cette divergence entre semestre et trimestre confirme que la dégradation s'est concentrée au T2 du fait du conflit.
Résultat net en recul, économies de coûts en progression
Le résultat net sous-jacent du T2 s'établit à 64 millions d'euros, contre 99 millions d'euros un an plus tôt, soit un repli de 35 % en glissement annuel. Cette baisse découle directement de la réduction d'EBITDA.
En contrepartie, Solvay poursuit ses réductions de coûts structurels. Le groupe a généré 26 millions d'euros d'économies supplémentaires au T2 2026, principalement grâce aux gains d'excellence opérationnelle dans ses sites de production. Ces résultats s'inscrivent dans un plan d'économies structurelles cumulées attendues à environ 300 millions d'euros fin 2026, soit un signal de transformation opérationnelle en cours.
Le free cash-flow du premier semestre atteint 15 millions d'euros, après des investissements de 141 millions d'euros. Le T2 seul affiche un FCF négatif de 11 millions d'euros, reflet de la saisonnalité du deuxième trimestre alourdie par la baisse d'activité. La dette nette s'établit à 1,8 milliard d'euros à fin juin, traduisant un ratio de levier de 2,3x.
Redémarrage attendu au T3 pour valider la trajectoire annuelle
Solvay anticipe le redémarrage de son usine Peroxides en Arabie saoudite au cours du troisième trimestre. Sur cette base, le groupe confirme sa perspective d'un EBITDA sous-jacent compris entre 770 et 850 millions d'euros pour l'exercice 2026, incluant un impact négatif de 20 millions d'euros lié aux devises et 40 millions d'euros de dépenses de transformation.
Le groupe vise également un free cash-flow d'au moins 200 millions d'euros, net des dépenses de transformation (90 millions d'euros) et des investissements attendus (300 millions d'euros). Le maintien de cette guidance suggère que Solvay s'attend à ce que le redémarrage de l'usine Peroxides et la contribution du second semestre compensent les pertes du premier semestre.
Par ailleurs, Solvay a approuvé des investissements stratégiques supplémentaires de 15 à 20 millions d'euros au site de La Rochelle afin d'accroître les capacités de séparation des terres rares. Cette décision s'inscrit dans la stratégie de renforcement des activités critiques et est soutenue par de nouveaux engagements clients. À l'automne 2026, le groupe commencera également la séparation à l'échelle industrielle du dysprosium et du terbium, marquant une nouvelle étape dans le positionnement européen sur cet enjeu de chaîne d'approvisionnement stratégique.