Stellantis : Phitrust, actionnaire majeur, dénonce la rémunération d'Antonio Filosa
À l'approche de l'assemblée générale de Stellantis prévue le 15 avril 2026, le gestionnaire de portefeuille Phitrust conteste la structure de rémunération des dirigeants exécutifs du groupe automobile, jugée déconnectée des standards de gouvernance. Un vote consultatif est prévu sur le rapport de rémunération 2025.
Une contestation structurelle de la politique de rémunération
Phitrust s'oppose depuis 2022 à la structure et au montant des rémunérations attribuées à la direction générale de Stellantis. L'ancien directeur général, Carlos Tavares, avait reçu plus de 70 millions d'euros au titre de 2021, incluant un plan exceptionnel de 44,5 millions d'euros couvrant la période 2021-2025. Malgré un vote négatif des actionnaires à 53 % en 2025, la structure globale n'a pas été fondamentalement modifiée. Les années suivantes ont enregistré des rémunérations de 22 millions d'euros en 2022, 19,7 millions en 2023 et 6 millions en 2024, ce dernier montant incluant une indemnité de départ de 2 millions d'euros.
Le nouveau directeur général, Antonio Filosa, bénéficie selon Phitrust d'une politique de rémunération déconnectée des standards du CAC 40 et du secteur automobile européen. Sa rémunération 2025 s'élève à 9,5 millions d'euros, dont 1,4 million de fixe et 5,8 millions en actions de long terme, avec des montants de rémunération variable annuelle pouvant atteindre 400 % du fixe et 780 % sur le long terme.
Le gestionnaire souligne également une incohérence : bien que la politique affiche un principe de « pay for performance », une prime en numéraire de 1,1 million d'euros aurait été attribuée sans conditions de performance. Phitrust évoque aussi la suppression des critères liés à la progression des ventes de véhicules à faibles émissions dans les indicateurs de performance, malgré l'importance croissante de ce segment en Europe.