USMCA : la révision s'ouvre sous tension, un démantèlement jugé improbable par Coface
Selon Coface, la révision officielle de l'accord commercial nord-américain qui a débuté le 1er juillet 2026 s'annonce particulièrement tendue, notamment sur les règles d'origine automobile et l'accès aux marchés. Cependant, l'intégration industrielle devenue trop profonde entre les trois pays rend un démantèlement complet de l'USMCA peu probable.
Une renégociation lancée dans un contexte d'escalade commerciale
L'ouverture officielle de la première révision de l'USMCA le 1er juillet 2026 intervient sous haute tension. Coface souligne que l'administration Trump souhaite renégocier plusieurs dispositions clés du traité entré en vigueur en 2020 : les règles d'origine dans l'automobile, les relations commerciales avec la Chine, l'accès au marché laitier canadien et certaines politiques énergétiques mexicaines. Face à ces demandes, le Mexique et le Canada campent sur leurs positions, laissant présager des négociations longues et complexes. Marcos Carias, économiste pour l'Amérique du Nord chez Coface, précise que cette révision devait être un simple exercice de mise à jour avant de devenir un enjeu majeur.
Des chaînes de valeur trop intégrées pour se démanteler
Coface met en avant les interdépendances industrielles devenues profondes entre les trois partenaires. Depuis l'entrée en vigueur de l'USMCA, les échanges totaux entre les États-Unis et le Canada d'une part, le Mexique de l'autre, sont passés d'environ 615 milliards USD en 2019 à près de 800 milliards USD en 2022, détrônant ainsi la Chine en tant que principal partenaire commercial.
Le Canada et le Mexique fournissent 51 % des véhicules importés par les États-Unis et 58 % de ses pièces automobiles achetées à l'étranger. Certains composants automobiles traversent la frontière américano-mexicaine cinq à sept fois avant intégration finale. Dans l'énergie, le Canada représente 60 % des importations américaines de pétrole brut. Ces exportations vers les États-Unis pèsent également lourdement dans les économies locales : 30 % du PIB mexicain et 17 % du PIB canadien.
Un retrait total peu probable malgré les tensions
Bien que les positions actuelles paraissent difficilement conciliables et que les premiers échanges préparatoires n'aient pas réduit les divergences, Coface estime qu'un démantèlement complet de l'accord reste peu probable. Un tel scénario entraînerait des perturbations majeures pour les chaînes d'approvisionnement nord-américaines et les trois économies. L'expert de Coface juge qu'un compromis pragmatique demeure l'issue la plus crédible, reposant sur des concessions ciblées permettant à chaque partie de préserver ses intérêts stratégiques tout en maintenant un cadre privilégié aux échanges régionaux. Les discussions pourraient s'étendre jusqu'en 2027. Même en cas d'impasse formelle, Canada et Mexique devraient conserver une forme d'accès préférentiel au marché américain en raison du coût économique prohibitif d'une rupture pour l'ensemble des trois nations.