Virbac : croissance de 7,4 % au S1 2026, mais l'Amérique du Nord recule au T2
Le laboratoire vétérinaire Virbac a enregistré une croissance organique de 7,4 % au premier semestre 2026, portée par ses plateformes Supercharge et l'intégration de Thyronorm. Cette performance dépasse les attentes initiales et justifie une visée de la borne haute de ses perspectives 2026. Cependant, le deuxième trimestre révèle des ralentissements régionaux : recul de 0,8 % en Amérique du Nord et freins opérationnels (blocages réglementaires, pénuries d'approvisionnement) qui tempèrent la trajectoire de croissance du groupe.
Au premier semestre 2026, Virbac a publié un chiffre d'affaires de 768 M€, en hausse de 7,4 % à périmètre et change constants (PCC) par rapport au premier semestre 2025, soit une progression significative malgré un contexte de taux de change défavorable qui limite la croissance à taux réels à 4,0 %. Cette croissance repose sur un équilibre entre les deux segments : les animaux de compagnie enregistrent +10,0 %, tandis que les animaux d'élevage progressent de +6,7 %. La contribution de Thyronorm, intégrée au cours du semestre, ressort à 1,4 point de pourcentage de la croissance globale. Hors cette acquisition, la croissance organique atteint environ 5,9 %. À l'échelle du groupe, l'effet volume et mix représente +5,4 % de la progression, complété par des augmentations de prix de +2,0 %, reflétant un pouvoir de pricing maîtrisé dans un environnement inflationniste. Par région, l'Europe affiche +6,5 % et l'International +7,5 %, tandis que l'Amérique du Nord enregistre une solide hausse de +10,1 % sur l'ensemble du semestre, portée par les catégories Supercharge (mobilité, dentaire, soins auriculaires).
Le T2 révèle des fissures opérationnelles en Amérique du Nord
Si le premier semestre consolide une dynamique positive, l'analyse du seul deuxième trimestre expose des fragilités. Le chiffre d'affaires trimestriel atteint 384 M€, soit une croissance de 7,2 % à PCC, mais ce résultat masque une contraction en Amérique du Nord (−0,8 % à PCC), première région du groupe. Cette baisse résulte de trois facteurs concrets : un blocage temporaire de la libération d'un produit pour motifs réglementaires au titre d'un contrat de façonnage (la production ayant repris à compter de juillet 2026), des difficultés d'approvisionnement auprès d'un sous-traitant (CMO) dans le segment des animaux d'élevage, et des mouvements de stocks défavorables chez les distributeurs. En neutralisant ces éléments purement opérationnels et le façonnage, la croissance organique sous-jacente d'Amérique du Nord s'établit à environ 10 %, révélant une demande de fond robuste mais masquée par les perturbations. L'Europe enregistre à l'inverse une très forte accélération à +11,6 % au T2, portée notamment par la croissance en endocrinologie (Thyronorm), en petfood et en dentaire. L'International croît de +5,9 %, soutenue par les régions IMEA et l'Amérique latine, bien que la Pacifique souffre d'une concurrence accrue en Australie.
Guidance 2026 confirmée en haut de fourchette, trésorerie stable
Malgré les défis du T2, Virbac a confirmé ses objectifs annuels 2026, avec une visée explicite de la borne haute de la fourchette de croissance du chiffre d'affaires (comprise entre 5,5 % et 7,5 % à PCC). Le groupe anticipe une marge de résultat opérationnel courant ajusté d'environ 17 % à PCC pour l'exercice complet. Sur la trésorerie, le groupe table sur une génération de free cash-flow inchangée d'environ 80 M€ pour l'année, avec des investissements (capex) d'environ 125 M€. Cette stabilité de la guidance, malgré les perturbations opérationnelles du T2, repose sur l'hypothèse d'une normalisation progressive à partir de juillet 2026 et sur la continuité des performances du S1. Virbac maintient également une vigilance face aux risques géopolitiques au Moyen-Orient (moins de 0,5 % du chiffre d'affaires global exposé) et aux tendances inflationnistes, estimant pouvoir absorber ces pressions sans réviser sa trajectoire.