Voltalia : perte nette de 128 M€ malgré des objectifs atteints en 2025
Voltalia a publié vendredi ses résultats annuels 2025 marqués par une forte contradiction : le groupe a atteint son objectif d'EBITDA à 211,3 millions d'euros et progresse sur le terrain opérationnel, avec une production en hausse de 4% et une capacité en exploitation qui croît de 16%. Pourtant, le groupe affiche une perte nette de 128,1 millions d'euros, conséquence directe du plan de transformation SPRING lancé en septembre 2025, qui a généré des coûts de restructuration et entraîné l'abandon de projets jugés insuffisamment créateurs de valeur.
Des objectifs opérationnels atteints malgré un environnement de marché exigeant
Malgré un contexte économique difficile, Voltalia a atteint ses deux objectifs clés pour 2025. Le chiffre d'affaires consolidé progresse à 587,8 millions d'euros, en hausse de 16% à taux de change constants. L'EBITDA consolidé s'établit à 211,3 millions d'euros, stable à taux constants, en ligne avec l'objectif annoncé en septembre (entre 200 et 220 millions d'euros). Le groupe a également poursuivi sa croissance d'actifs avec une capacité en exploitation augmentant de 16%, tandis que la capacité en construction s'établit à 0,6 GW. La production s'élève à 4 910 GWh, en augmentation de 4%, bénéficiant notamment d'une meilleure ressource solaire et éolienne au Brésil. Par ailleurs, Voltalia a sécurisé 7,7 milliards d'euros de revenus par des contrats de vente d'énergie à long terme, offrant une visibilité de 18,1 années en moyenne.
La marge d'EBITDA recule, révélant les défis de la transition
Sous la surface des objectifs atteints se dessine un tableau moins reluisant. La marge d'EBITDA consolidée recule à 36%, contre 42% en 2024, soit une dégradation de 6 points. Cette contraction s'explique principalement par deux facteurs structurels : la croissance des activités de Services au sein de Renvolt (marge inférieure à celle de la Vente d'Énergie) qui a bondi de 76% en chiffre d'affaires, et l'impact de l'écrêtement brésilien qui représente 1 040 GWh, soit 17% de la production totale du groupe. Les Ventes d'énergie, cœur de métier historique, voient leur EBITDA reculer de 11% à taux constants à 187,4 millions d'euros. Cette contraction résulte également de l'expiration de contrats court terme conclus à des prix élevés et d'un taux de change EUR/BRL moins favorable que l'année précédente (6,32 contre 5,83).
Le coût caché du plan SPRING : 128 millions d'euros de pertes
La vraie rupture apparaît au résultat net : Voltalia enregistre une perte nette part du groupe de 128,1 millions d'euros. Cette perte découle quasi intégralement de décisions liées au plan SPRING lancé en septembre 2025. L'abandon de projets non rentables du portefeuille de développement a généré environ 47 millions d'euros de charges, tandis que les frais de restructuration s'élèvent à 8 millions d'euros. S'ajoutent 27,7 millions d'euros de pertes issues des activités abandonnées (Maison Solaire Voltalia, MyWindPart, Buck & Co et Fournitures d'équipements) et du retrait de cinq pays (Espagne, Hongrie, Mexique, Roumanie et Slovaquie). Hors ces éléments exceptionnels, le résultat net aurait atteint 25 millions d'euros de pertes, incluant 36 millions d'euros d'impact lié à l'écrêtement brésilien. Parallèlement, la charge financière a augmenté de 24% à 89,4 millions d'euros, reflétant l'augmentation de l'endettement lié à la croissance du portefeuille en exploitation et en construction. La dette financière totale s'établit à 2,5 milliards d'euros (+8%), avec un ratio d'endettement à 67%. Toutefois, le groupe a démontré la confiance de ses partenaires bancaires en concluant un nouveau financement de 244,4 millions d'euros à fin janvier 2026.