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Paris : le collectif #saccageparis rachète un banc Davioud mis aux enchères

Symbole de l'action de Parisiens contre la dégradation de la Ville, le banc daté du XIXème siècle a été directement cédé au collectif par son propriétaire.

Temps de lecture : 2 minute(s) - Par | Publié le 18-05-2021 18:07, Mis à jour le 18-05-2021 18:49
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Racheté grâce à une cagnotte en ligne

Depuis quelques semaines, des Parisiens mécontents font entendre leurs voix sur les réseaux sociaux sous le mot-dièse #SaccageParis, dénonçant le délitement de leur ville (saleté, tags, insécurité...). Le débat s'est récemment élargi à un autre phénomène : le changement d'une partie du mobilier urbain, certains éléments typiques étant progressivement remplacés par d'autres plus modernes.

Quelques bancs historiques de la capitale, dessinés par Gabriel Davioud durant la période Haussmannienne, ont été retirés. L'un d'eux, précédemment acheté par un particulier, s'est retrouvé ce 18 mai dans la XIe vente aux enchères baptisée « Paris mon amour » organisée à Drouot. Un fait loin de réjouir ceux qui y voient un pas de plus vers l'érosion de l'identité de Paris.

Début mai, ces Parisiens attachés au patrimoine ont donc lancé une cagnotte en ligne afin de racheter le « banc Davioud ». L'objectif symbolique : marquer leur refus de voir la ville se séparer d'une partie de son patrimoine si singulier. « Loin d'être opposés à l'évolution et à la modernisation de notre ville, nous pensons que celle-ci ne peut se faire qu'en respectant l'histoire et le patrimoine de la capitale », dont les élus se doivent d'être les « garants », expliquent les organisateurs de l'opération. Plus de 5000 euros ont été collectés auprès de 254 participants.

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Si la vente « Paris mon amour » concernait majoritairement des tableaux et objets liés à la ville, certaines pièces faisaient à l'origine partie du patrimoine de la commune, comme les portes de l'Hôtel de Lauzun (dont la légitimité de la vente fait actuellement polémique), des bornes de fontaines ou des lanternes de lampadaires.



Le banc sera offert à la ville de Paris

Estimé entre 400 et 420 euros, le banc imaginé sous Napoléon III n'aura finalement pas été mis aux enchères. En début de vente, le commissaire-priseur a annoncé que son propriétaire a accepté de le vendre directement au collectif #saccageparis pour la somme 1200 euros, d'après le fil Twitter de Drouot.

« Enthousiasmé par cette mobilisation populaire spontanée, le vendeur et le commissaire-priseur ont accepté de le retirer de la vente et de le céder directement aux Parisiens qui se sont cotisés pour le racheter. Maître Lucien a décidé de renoncer à sa commission. Nous les remercions vivement pour ce geste exceptionnel qui témoigne de leur attachement au patrimoine parisien », ont annoncé les initiateurs de la cagnotte dans un communiqué.

La prochaine étape consiste à offrir le banc à la ville de Paris. Mardi 25 mai à 18h, les membres de « l'Opération Banc Davioud » le porteront à l'hôtel de ville où ils souhaitent le remettre à Anne Hidalgo afin qu'il soit réinstallé « dans un endroit adapté ». « Nous demandons simplement à ce que la beauté de Paris soit préservée. Son mobilier urbain d'époque notamment, que beaucoup nous envient et imitent ». Reste à savoir si la maire de la capitale acceptera d'accueillir en personne des Parisiens qui s'opposent publiquement à sa politique de « réinvention urbaine » et qu'elle avait un temps qualifiés de « membres de l'extrême droite ».

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A propos de l'auteur
Caroline Courvoisier est titulaire d’un master de Gestion de patrimoine et a suivi des formations économiques et financières spécialisées dispensées par l’université de New York (Real Estate Finance) et l’INSEAD (spécialisation « blockchain revolution in financial services »). Elle a travaillé 10 ans dans l’univers du financement et de la gestion de projets immobiliers avant de se consacrer au journalisme économique.
Linkedin Caroline Courvoisier



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