Budget 2027 et taux records : le CAC 40 vire au rouge, les banques en première ligne
Le CAC 40 recule de 0,92% à 7 891,34 points, lesté par une incertitude politique qui gagne les marchés. L'indice parisien a même inscrit en séance un nouveau plus bas depuis un mois, à 7820,98 points, sous son précédent plancher de 7826,06 points. Le climat est nettement défensif.
Le budget 2027 pèse sur l'ambiance parisienne
La séance se joue sur fond de tension politique et budgétaire. Les projets de budget de l'État et de la Sécurité sociale pour 2027 sont examinés ce jeudi en Conseil des ministres, avant leur transmission à un Parlement sans majorité claire. L'adoption des textes s'annonce difficile, et le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui-même mis en garde contre les conséquences d'une instabilité prolongée.
En toile de fond, le coût de financement de la France atteint des sommets. Le rendement de l'emprunt à dix ans a touché 4,86%, contre 4,81% la veille, se rapprochant du pic de 4,87% observé en 2008 après la crise des subprimes. Dans le même temps, le taux allemand reculait à 3,58%, portant l'écart entre Paris et Berlin près de 1,30 point, un plus haut depuis 2012. Cet environnement explique en grande partie la pression sur la cote parisienne.
Une cote largement orientée à la baisse
La dispersion de la séance illustre un marché sous tension : seulement 7 valeurs du CAC 40 progressent, contre 32 en repli et une stable. Le mouvement dépasse les frontières françaises. À la mi-journée, le STOXX 600 cède 0,76%, tandis que le FTSE 100 recule de 1,13% et que le DAX limite son repli à 0,35%. La veille à la clôture de Wall Street, le S&P 500 avait perdu 0,25% et le Dow Jones 0,86%, quand le Nasdaq 100 avait progressé de 0,23%. Le Nikkei 225, lui, s'était envolé de 3,3% à sa clôture du jour à 07h30 heure de Paris.
Le repli parisien reste toutefois ordonné, sans mouvement de panique, mais avec une orientation vendeuse diffuse qui touche l'ensemble des compartiments.
Banques en recul, Sanofi à contre-courant
Le secteur bancaire concentre les plus fortes baisses, dans un contexte de tensions sur les taux souverains français. Crédit Agricole cède 2,25%, BNP Paribas 2,22% et Société Générale 2,17%. Les valeurs sensibles à la conjoncture ne sont pas épargnées : Accor chute de 2,64%, malgré le maintien d'un avis « surpondérer » de Barclays, dont l'objectif a été légèrement abaissé à 54 euros. Saint-Gobain recule de 2,49%.
Côté hausses, la pharmacie fait figure de refuge. Sanofi progresse de 1,09% après avoir annoncé l'élargissement de sa collaboration avec Regeneron à quatre nouveaux anticorps. L'accord, bâti autour du Dupixent, prévoit un paiement initial d'un milliard de dollars de Sanofi à son partenaire et met fin à un litige antérieur. CIC Market Solutions a confirmé sa recommandation à l'achat, avec un objectif de 92 euros.
STMicroelectronics gagne 0,85%, tandis qu'Euronext avance de 0,63%, Goldman Sachs ayant relevé son objectif de cours de 162 à 169 euros tout en maintenant un avis neutre. Orange grappille 0,36% sur fond d'annonce de sa sélection pour déployer le réseau backbone TESTA-EIRIS destiné aux institutions publiques de l'Union européenne.