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Cryptomonnaies : le scandale FTX pousse les autorités à accélérer sur la régulation



L'escroquerie présumée de la 3ème plateforme mondiale de cryptomonnaies provoque une onde de choc. Les investisseurs perdent confiance et les autorités durcissent le ton.

Temps de lecture : 5 minute(s) - | Mis à jour le 10-01-2023 15:01 | Publié le 10-01-2023 14:23
Photo : Shutterstock  

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Chute de FTX sème le doute sur toute l'industrie des cryptomonnaies

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Début novembre 2022, la faillite brutale de FTX, 3ème plateforme mondiale comptant 1 million de clients, a défrayé la chronique. Depuis, l'onde de choc continue de se propager. À tel point que certains observateurs craignent l'effondrement du secteur.

Le scandale a explosé suite à la publication d'un article dans CoinDesk mettant en doute le bilan financier de la société Alameda Research, filiale de FTX. Selon le site d'information spécialisé dans les cryptoactifs, la société aurait procédé à un montage douteux. « Il est fascinant de voir que la majorité des capitaux propres de l'entreprise Alameda est en fait le propre jeton de FTX contrôlé de manière centralisée et imprimé à l'improviste », peut-on y lire, l'article citant Cory Klippsten, PDG de la plateforme d'investissement Swan Bitcoin.

L'annonce, ainsi que le projet de la 1ère plateforme mondiale Binance de revendre ses jetons de FTX, provoque un retrait massif des fonds. Ce « bank run » engendre une crise des liquidités, et le géant se trouve devant l'impossibilité de rembourser ses investisseurs. Binance propose alors de racheter la plateforme. Mais le trouble s'accentue lorsque ce dernier renonce après avoir étudié le dossier, mettant notamment en avant une « mauvaise gestion financière » de la part de FTX.

>> A LIRE : Crypto-actifs : l'AMF délivre le premier visa pour une ICO



Valorisée 32 milliards de dollars quelques mois plus tôt, la plateforme fait faillite en quelques jours suivie par sa galaxie d'une centaine de filiales, dont un certain nombre sont basées dans des paradis fiscaux. Des enquêtes sont ouvertes aux Etats-Unis et aux Bahamas. Le fondateur Sam Bankman-Fried, jadis parmi les interlocuteurs privilégiés des régulateurs, est rapidement inculpé pour avoir monté une escroquerie à plusieurs milliards de dollars dont une partie pourrait être assimilable à une Pyramide de Ponzi. Il risquerait 115 ans de prison.

Selon des sources anonymes citées par le Wall Street Journal, environ la moitié des fonds déposés par les investisseurs étaient retirés de FTX et servaient à prêter de l'argent à la société Alameda Research. Et cette même société figurait parmi les plus gros traders sur FTX... La liste des manquements potentiels reprochés à la société et à son fondateur est trop longue pour être énumérée ici, et le nombre de particuliers victimes qui ne reverront probablement jamais leur argent n'est pas encore connu.

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Le continent africain est parmi les plus touchés par la faillite de FTX. Selon une étude de Chainalysis, plus de 100 milliards de dollars ont été échangés dans cette région du monde entre juin 2021 et juin 2022, toutes plateformes confondues. FTX y était leader. Beaucoup de clients s'en servaient comme banque, celle-ci promettant de servir un taux d'intérêt de 8% par an.


Réactions en chaîne

La faillite si rapide d'un géant du secteur a provoqué une onde de choc dans l'industrie des cryptoactifs. Même si les risques de répercussion sur l'économie réelle sont très faibles voire inexistants, certains observateurs la comparent à celle de la banque d'affaires Lehman Brothers qui avait ouvert la crise des subprimes en 2008.

Car une fois le doute instillé, la machine infernale s'enclenche. Face à une perte de confiance et aux incertitudes sur la suite des évènements, les investisseurs ont massivement retiré leurs fonds et les cryptos ont plongé. Entraînées dans cette crise de liquidités et parfois exposées elles-mêmes aux actifs de FTX devenus toxiques, plusieurs plateformes ont dû geler les retraits, ce qui n'a fait qu'augmenter les craintes et accentuer le cercle vicieux.

Après des mois de baisse, la valeur des cryptomonnaies a donc chuté lourdement. En quelques jours, Bitcoin et Ethereum ont perdu près de 25% de leur valeur. Solana, dont la fondation avait déposé des fonds sur FTX et dont FTX détenait aussi des jetons, a fondu de moitié.

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En 2022, la capitalisation des cryptos atteignait 3000 milliards de dollars. Début 2023, elle n'est plus que de 850 milliards.



La confiance des investisseurs ébranlée

Après un engouement de quelques années, l'affaire FTX a semé le trouble sur tout un secteur. Selon Bloomberg, elle a fragilisé la crédibilité des cryptomonnaies en tant que classe d'actifs. Un problème d'autant plus important que les signaux d'alerte ne cessent de s'empiler, ce qui pourrait déclencher une érosion durable de la confiance des investisseurs.

Le courtier Genesis Trading, fragilisé par la faillite de FTX, vient d'annoncer le licenciement de 30% de ses effectifs. La banque Silvergate Bank, dont une grande partie de l'activité repose sur les cryptomonnaies, a vu son cours de bourse chuter de 75% depuis que l'affaire a éclaté.

Des risques pèseraient aussi sur Binance, la principale plateforme du secteur à qui est souvent reproché son manque de transparence. Selon Reuters, les Etats-Unis pourraient prochainement inculper la plateforme de blanchiment d'argent voire de violation des sanctions internationales. Enfin, d'après une enquête du Wall Street Journal, de nombreux acteurs ne seraient pas transparents sur la publication de leurs comptes.

Le coup est rude pour une industrie jeune et un système qui, souhaitant proposer une alternative au système bancaire traditionnel, n'a pas encore trouvé de débouché concret qui lui permettrait d'asseoir sa crédibilité.



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Les autorités veulent durcir la régulation rapidement

Surveillée depuis un certain temps par les législateurs à l'échelle internationale, l'industrie des cryptoactifs reste à ce jour encore peu régulée. Or, les affaires s'enchaînent. La fragilité d'un géant comme FTX et les conséquences de sa disparition vont pousser les États à plus de régulation.

En France, le Haut Conseil à la Stabilité Financière (HCSF) évoquait dans son rapport 2022, publié à peine quelques jours avant l'effondrement de FTX, la nécessité d'un accord international pour mieux encadrer les cryptomonnaies. Il soulignait cependant que le « risque systémique », c'est-à-dire celui d'une contagion au secteur traditionnel, restait limité puisque peu de passerelles existent entre ces 2 mondes.

La loi MiCA (Markets in Crypto-Assets) a été adoptée en 2022 au niveau de l'Union Européenne. Elle imposera notamment aux plateformes de s'enregistrer comme Prestataires de Services en Actifs Numériques (PSAN) à compter de 2024. Cela supposera notamment une vérification et approbation de certaines procédures, l'engagement de leur responsabilité en cas de problème et une information obligatoire sur les risques de l'investissement.

Reste qu'à ce jour, les échanges s'effectuent toujours en dehors du contrôle des autorités. Un fonctionnement dans la droite ligne du principe fondateur du Bitcoin en 2008. Le problème, c'est que l'absence de cadre légal ouvre la porte aux arnaques en tous genres et à la mise en danger des investisseurs particuliers.

Au regard de l'escroquerie présumée et des conditions de la faillite de FTX, l'horizon 2024 semble désormais trop loin. Des Parlementaires et l'Autorité des Marchés Financiers souhaitent accélérer sur la régulation des plateformes de cryptoactifs. L'objectif est de stopper le « laisser faire béat et le n'importe quoi », a indiqué Marie Anne Barbat-Layani, sa présidente, lors des vœux à la presse. « Il est nécessaire que l'univers crypto fasse maintenant clairement le choix de la régulation et de la protection des investisseurs. C'est son intérêt, car les brebis galeuses jettent facilement le discrédit sur toute une industrie ».

Pour le moment, les opérateurs qui exercent en France ont seulement une obligation d'enregistrement. L'AMF et la Banque de France souhaiteraient passer rapidement à un régime d'agrément obligatoire. Déjà en vigueur pour les sociétés de gestion de portefeuille qui lancent des offres au public de titres financiers, ce statut est beaucoup plus contraignant. Il suppose une étude de plusieurs mois, un certain nombre de garanties et impose des obligations importantes à son détenteur.

Faut-il encore investir dans les cryptomonnaies ?

Comme nous l'indiquons régulièrement dans nos colonnes, l'investissement dans les cryptoactifs figure parmi les plus risqués. À ce jour, il reste hyper-spéculatif et peu régulé, ce qui implique une forte volatilité des valeurs et la possibilité de perdre toute sa mise.

Toutefois, si le scandale FTX et ses conséquences ne provoquent pas l'effondrement du secteur, il en sortira probablement renforcé et assaini. Mais de là à penser que les cryptomonnaies pourront retrouver, voire dépasser les sommets qu'elles avaient atteints en 2021 à moyen terme, il y a un monde.

Si vous souhaitez investir, ne misez que des sommes dont la perte n'affecterait pas votre vie quotidienne ou vos projets et préférez les plateformes enregistrées comme PSAN auprès de l'AMF, dont la liste est disponible ici.

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