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Cryptomonnaies : 3 raisons d'abandonner le Bitcoin... ou pas



Le Bitcoin a perdu près de 9% cette semaine. Des incertitudes considérables entourent les cryptomonnaies et cela pourrait durer. La banque UBS évoque une entrée dans « l'hiver des cryptos ».

Temps de lecture : 5 minute(s) - | Mis à jour le 21-01-2022 16:12 | Publié le 21-01-2022 15:00
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Le marché a perdu 200 millions de dollars en une semaine

Après une envolée en fin d'année, le Bitcoin est à nouveau à la peine. En baisse de 25% sur un mois dont 8,8% sur la semaine, il s'échange désormais aux alentours de 34 000 €. Pour rappel, en novembre dernier il culminait à près 60 000 €.

Sur le marché des cryptos, Bitcoin est la référence. Sa chute a donc entraîné celle d'autres e-devises, comme Ethereum (-13,7%), Polkadot (-18,2%), Tezos (-16,2%) ou Solana (-17,5%). Au global, le marché des cryptomonnaies a vu s'évaporer 200 millions de dollars de capitalisation en une semaine, et même 1000 milliards de dollars depuis novembre selon CoinMarketCap.

>> A LIRE : Comment acheter du Bitcoin ou des cryptomonnaies ?


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Un investissement toujours risqué mais moins rentable avec la hausse des taux

Les cryptomonnaies n'en sont pas à un revirement près. Les secousses sur le marché sont légion. Mais cette fois, les investisseurs ont plusieurs vraies raisons de se détourner des cryptos, et ce n'est pas bon signe.

Il ne faut pas oublier que dans ce marché, ce sont surtout les « baleines », autrement dit les gros investisseurs, qui font les hausses et les baisses. Or, ils sont à l'affût de toutes les opportunités sur l'ensemble des marchés financiers. Et une annonce, en provenance des États-Unis, va changer beaucoup de choses.

La Réserve Fédérale Américaine (la FED)*, qui a généralement entre ses mains les tendances financières d'une bonne partie de la planète, vient d'annoncer la hausse prochaine de ses taux directeurs* pour tenter d'endiguer l'inflation* aux États-Unis (+7% en décembre, un record depuis 40 ans). Autrement dit, les taux qui servent de base aux marchés financiers vont augmenter.

Lorsque ces taux remontent, l'appétit des investisseurs pour les valeurs spéculatives se réduit puisque l'écart entre les placements risqués et non risqués est moins intéressant. Les marchés ont évidemment commencé à réagir à cette nouvelle, qu'ils avaient anticipé depuis longtemps : le NASDAQ, indice des valeurs boursières technologiques, a perdu près de 8% depuis lundi. La baisse des cryptomonnaies intervient dans ce même sillage.

>> A LIRE : Bitcoin : malgré ses records, la crypto n'est pas une « monnaie »


Après la Chine, la Russie va interdire les cryptomonnaies

L'un des phénomènes qui caractérise le marché des cryptos est son absence de régulation dans de nombreux pays. Si les produits financiers traditionnels sont plutôt bien bordés, les cryptomonnaies donnent du fil à retordre aux autorités et aucune harmonie n'a encore été trouvée au niveau mondial.

Le cours du Bitcoin et des autres cryptos dépend donc aussi des décisions des différents États en matière de droit. Et en ce domaine, les choses évoluent très vite.

Jeudi 20 janvier, la Banque centrale* Russe a annoncé vouloir interdire les cryptomonnaies sur son sol. Une décision favorable aux « coins » avait pourtant été prise par les autorités un an plus tôt. Désormais, Moscou les considère propices aux fraudes et au financement du terrorisme (ainsi que, selon Bloomberg, au financement des opposants politiques au régime) et souhaite les interdire. Les détails d'une nouvelle loi pourraient être présentés dès mars.

Pour le marché des cryptomonnaies, cette déclaration est loin d'être anodine. La Russie représente à elle seule environ 10% des activités mondiales de minage et serait le 2ème pays au monde à utiliser les cryptomonnaies derrière l'Ukraine, selon une étude de Chainalysis datée de septembre 2020.

Il n'est pas impossible que des décisions équivalentes soient prises dans les pays de la zone d'influence russe, composée des anciens pays du bloc soviétique.

En 2021, la banque centrale chinoise avait prononcé l'interdiction des cryptomonnaies dans le pays, ce qui avait déjà provoqué une chute du cours. A ce jour, seul le Salvador a adopté le Bitcoin comme l'une de ses monnaies officielles, malgré les réticences de sa population.

>> A LIRE : Une compagnie d'assurance achète pour 100 millions de dollars de Bitcoins

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L'Union Européenne se penche sur une interdiction du minage du Bitcoin

Du côté des Européens, les autorités réfléchissent sérieusement à interdire la méthode d'extraction des Bitcoins, connue sous le nom de « preuve de travail » (« proof of work »). Cette technique est dénoncée depuis des mois car elle est très gourmande en énergie. Selon une étude parue dans Nature, d'ici 2024, le minage de Bitcoin pourrait à lui seul être à l'origine d'une émission de gaz à effet de serre supérieure à celle d'un pays comme l'Italie.
Ce qui fait tache en matière de transition énergétique.

Erik Thedéen, Vice-président de l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA), estime qu'il faudrait interdire le procéder afin d'inciter l'industrie à basculer le système vers un modèle de preuve d'enjeu (« proof of stake »), plus vertueux.

Une telle interdiction pourrait avoir deux effets : favoriser l'essor des cryptomonnaies qui utilisent déjà ce procédé (Cardano, Polkadot, Tezos voire Ethereum qui opère sa mue), et réduire le nombre d'émissions de nouveaux Bitcoins. Ce qui, par ricochet, pourrait contribuer à pousser le cours des Bitcoins existants à la hausse...



>> A LIRE : Bitcoin, cryptomonnaies, actifs numériques : quelle fiscalité ?


Est-ce le moment d'investir ?

Ces éléments montrent les incertitudes considérables qui entourent aujourd'hui le domaine des cryptos. Tous ceux qui prédisent aux épargnants un enrichissement certain grâce aux cryptomonnaies ne font donc que des suppositions. L'environnement est beaucoup trop mouvant, tant au niveau légal qu'au niveau économique, pour leur prédire un avenir sombre ou radieux.

La banque suisse UBS est plutôt pessimiste sur l'avenir des cryptomonnaies. Dans une note, elle parle d'une probable entrée dans un « hiver des cryptos » marqué par la récente chute du Bitcoin. Selon elle, ce marché subit de nombreuses lacunes qui annule les capacités des coins à devenir des réserves de valeur : faiblesses de la technologie, empreinte écologique, lenteur des transactions... Elle conseille à ses clients d'éviter les investissements directs dans les cryptomonnaies en tant que telles.

En revanche, le secteur pris dans sa globalité est prometteur. Les technologies issues des blockchains* sont porteuses d'un véritable renouveau pour le secteur financier. Les promesses technologiques de la DeFi (finance décentralisée) poussent UBS à inviter les investisseurs à s'intéresser de près aux sociétés qui portent des projets dans ce secteur, plutôt qu'aux jetons de cryptomonnaie.

Investir dans les cryptomonnaies reste à ce jour purement spéculatif : c'est un véritable pari sur l'avenir. Comme au casino, il s'agit de miser sur le rouge ou sur le noir. A terme, cette prise de risque peut permettre de gagner beaucoup d'argent, comme de tout perdre. Pour celles et ceux qui veulent tenter l'aventure, l'essentiel est donc d'investir avec raison.

La baisse actuelle des cours pourrait être un bon moment pour commencer à investir ou renforcer ses positions. Tours est-il qu'il ne faut pas « mettre tous ses œufs dans le même panier ». Diversifiez toujours vos placements, en répartissant votre épargne entre des supports non risqués et d'autres destinés à produire du rendement. Sur ces derniers, n'investissez que de l'argent dont la perte éventuelle ne vous causerait pas de problèmes.







A propos de l'auteur
Caroline Courvoisier a travaillé 10 ans dans le financement et la gestion de grands projets immobiliers avant de se consacrer au journalisme économique et financier. Elle a suivi un parcours universitaire en économie et est titulaire d’un master de Gestion de patrimoine, cursus qu'elle a complété par des formations financières spécialisées à l’université de New York (Real Estate Finance) et à l’INSEAD (spécialisation « blockchain revolution in financial services »).
Linkedin Caroline Courvoisier


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Mieux comprendre l’article
Les mots marqués d'un * ou soulignés dans l'article sont brièvement définis ici.

Banque centrale :
La banque centrale émet la monnaie d'un pays (ou d'une zone comme la zone Euro) et exécute la politique monétaire définie.

Blockchain :
La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations fonctionnant sans organe central de contrôle. C'est une base de données partagée qui contient l'historique de toutes les transactions effectuées entre ses utilisateurs depuis son origine. Elle est réputée sécurisée car son partage à grande échelle la rend infalsifiable.

FED, Réserve Fédérale Américaine :
La FED, ou Federal Reserve System (Réserve Fédérale Américaine en français), est la banque centrale des États-Unis. Son rôle est de favoriser une dynamique économique et la croissance en agissant sur la monnaie. Ses axes de travail sont la favorisation du plein emploi, de la stabilité des prix et le contrôle des taux d'intérêt sur le long terme.

Inflation :
L'inflation peut se définir comme la hausse continue du niveau général des prix.

Une des conséquences de l'inflation est la perte de pouvoir d'achat de la monnaie. Lorsque les prix augmentent, la même quantité de monnaie ne suffit plus pour acheter les mêmes produits.

Par exemple, avec une inflation de 1,8% par an, un produit qui coûterait 100 € en 2022 pourrait coûter 101,8 € en 2023. Il faudrait donc augmenter la quantité de monnaie nécessaire pour acheter le produit.


Taux directeur :
Les taux directeurs sont des taux d'intérêt fixés par une banque centrale. Ils permettent de réguler l'activité économique en agissant sur 3 leviers : le taux de rémunération des dépôts des banques, leur taux de refinancement et le taux d'escompte.


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