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Les émissions de « dettes vertes » explosent à travers le monde

| Publié le 02-10-2020 12:46 | Mise à jour le 02-10-2020 13:05
Les émissions de « dettes vertes » explosent à travers le monde
Crédit(s) photo(s) : Adobe Stock - 25322718  

Le monde prendrait-il le chemin de la transition écologique ? Les émissions de « dettes vertes » par les entreprises et les États ont progressé de 25% par rapport à 2019.

Un niveau record de « green bonds »

Depuis quelques années, le marché a vu l'apparition des « obligations vertes » ou « green bonds ». L'argent emprunté est dans ce cas uniquement destiné à financer des projets « à impact positif sur l'environnement », selon la définition de l'ICMA. Chaque année, l'entreprise émettrice s'oblige à délivrer un rapport sur l'évolution du projet vert aux investisseurs.

Les émissions de « dette verte » ont atteint un niveau sans précédent en septembre, avec plus de 50 milliards de dollars dans le monde. Entre janvier et septembre 2020, elles ont progressé de 25% par rapport à la même période de 2019.

L'information est à temporiser, puisque selon les propos d'Isabel Schanbel, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne (BCE), ces « dettes vertes » ne représentaient en 2019 que 5% du volume total des obligations émises. Reste que le tempo devrait continuer de s'accélérer dans les prochains mois.

>> A LIRE : Green bonds, ISR, critères ESG... Se repérer dans la finance verte


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Beaucoup d'États accélèrent dans le financement de leur transition écologique

L'Union Européenne va probablement faire passer le marché des « green bonds » à la vitesse supérieure, entraînant d'autres acteurs dans son sillage. La Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé dans son discours du 16 septembre que l'Europe émettra 225 milliards d'euros de « green bonds » pour financer sa relance, soit 30% du budget total déployé pour faire face aux suites de la crise du coronavirus.

En 2017, la France avait été le premier État au monde à émettre une dette verte. En 2020, son encours d'« OAT Verts » a dépassé les 25 milliards d'euros selon le rapport annuel de l'Agence France Trésor.

En 2018 et 2019, le financement émission de « green bonds » a attiré de nombreux États à travers le monde : après le Nigéria et les îles Fidji, l'Indonésie, la Corée du Sud, Hong Kong et le Chili ont émis leurs obligations vertes, suivies par la Suède et l'Égypte.

Début septembre 2020, c'était au tour de l'Allemagne d'émettre les premières obligations vertes de son histoire. Les investisseurs ont massivement répondu présents : 30 milliards d'euros de demandes ont été enregistrées pour 6,5 milliards émis, malgré un taux d'intérêt annuel de 0% et un rendement probablement négatif à échéance. Berlin prévoit une nouvelle émission de 5 milliards d'ici à la fin de l'année.

>> A LIRE : « Les banques, acteurs essentiels pour une économie plus responsable »



Les grandes entreprises se financent de plus en plus par les obligations vertes

Cette rentrée a aussi été marquée par des levées de fonds vertes importantes du côté des grandes entreprises. EDF a ainsi procédé à la plus grande émission d'obligations vertes convertibles en actions du monde, avec 2,4 milliards d'euros. Le but est de financer sa transition écologique et doubler sa capacité de production d'énergie renouvelable d'ici 2030.

La maison de luxe Chanel a également émis une première « dette verte » de 600 millions d'euros. Ces obligations, cotées à la bourse du Luxembourg, permettront à l'entreprise de financer la réalisation de son objectif « bas carbone ». La société a pris l'engagement de payer des pénalités en cas d'échec du projet.

>> A LIRE : Pourquoi les fonds ISR vont devenir incontournables

Des critères parfois trop flous nécessitant l'attention des investisseurs

L'appétit des investisseurs pour la « finance verte » fait cependant craindre un « greenwashing » par certains acteurs. Autrement dit, certains pourraient être tentés de déguiser le financement d'activités classiques, voire polluantes, en des projets « verts ».

Car les critères qui permettent de qualifier des obligations de « vertes » restent flous. « Les notations environnementales des obligations vertes - quand elles existent - sont souvent peu consistantes, pas comparables et, parfois, peu fiables », regrette Isabel Schnabel. Peu de contraintes pèsent sur les émetteurs. Ceux-ci ne sont par exemple pas soumis à une obligation de réduire leurs rejets de CO2.

En l'absence d'un encadrement plus strict, les investisseurs sont donc invités à entrer dans le détail des projets avant de faire leur sélection.

>> A LIRE : Label ISR : nouveau cap franchi avec 321 fonds labellisés pour 121 milliards d'encours

Mieux comprendre les obligations

Pour se financer, les entreprises et les États émettent régulièrement des « obligations » sur les marchés financiers (ou directement auprès des investisseurs pour les PME non-cotées notamment grâce au crowdfunding). Ces titres financiers représentent un « titre de créance », c'est-à-dire une dette qu'a l'entreprise vis-à-vis du détenteur de l'obligation. Comme un emprunt classique, elle génère des intérêts et doit être remboursée à échéance.

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Mieux comprendre l’article

Les mots marqués d'un * ou soulignés dans l'article sont brièvement définis ici.

Green Bonds :
Les green bonds sont des obligations "vertes". Ces titres financiers matérialisent l'emprunt d'une société ou d'un État auprès d'investisseurs, les fonds servant à financer un projet à vocation écologique.

ICMA :
L'ICMA (International Capital Market Association) est un organisme professionnel à vocation mondiale. Il réunit les banques d'investissement participant au marché obligataire. Il détient un pouvoir réglementaire.

ISR :
L'Investissement Socialement Responsable est un mode d'investissement, qui prend en compte des critères purement financiers ainsi que des critères extra-financiers. Les qualités de l'entreprise étudiée sont examinées sous l'angle de critères environnementaux (impact sur le climat notamment, pollution liée...), sociaux (impact dans la société ou sur les salariés) et de gouvernance (méthode de gestion). Ces critères sont souvent désignés par le sigle "ESG". Ces données extra-financières sont désormais reconnues comme exprimant un risque pour les entreprises, qui peut impacter leur rentabilité financière.
Certains produits d'investissement qui sélectionnent des entreprises par le prisme de ces critères peuvent demander à obtenir le label ISR. Ce label est destiné à ce que le produit financier soit identifiable par le public, et son obtention n'est pas obligatoire.


Obligation / Emprunt obligataire :
Une obligation est un terme qui désigne un titre financier. L'obligation matérialise la dette d'une entreprise, d'un État ou d'une collectivité locale envers celui qui la détient. Elle donne droit au paiement d'intérêts à son détenteur, et doit être remboursée à une échéance définie au départ. Le propriétaire d'une obligation peut la revendre à un tiers. C'est alors à lui que les intérêts seront payés et le capital remboursé.