L'inflation en zone euro accélère à 2,2% en septembre 2025
Les prix à la consommation dans la zone euro ont enregistré une accélération en septembre 2025, atteignant 2,2% en rythme annuel contre 2,0% le mois précédent, selon les données publiées par Eurostat. Cette hausse, qui intervient après trois mois de stabilité à 2,0%, marque un retour de l'inflation au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne. Si l'inflation de base est restée stable à 2,3%, la remontée des prix reflète principalement un ralentissement de la baisse des coûts énergétiques et une progression soutenue dans les services.
Une remontée des prix tirée par l'énergie et les services
La hausse de l'inflation en septembre s'explique avant tout par l'évolution contrastée de ses différentes composantes. Les prix de l'énergie ont diminué de seulement 0,4% sur un an, alors qu'ils avaient reculé de 2,0% en août, selon Eurostat. Ce ralentissement de la baisse des coûts énergétiques a mécaniquement contribué à faire remonter l'inflation globale. Parallèlement, le secteur des services a affiché le taux d'inflation le plus élevé avec une progression de 3,2% sur un an, contre 3,1% le mois précédent.
Cette accélération s'explique en partie par un effet de calendrier lié aux Jeux olympiques de Paris, dont la pression temporaire à la baisse sur l'inflation des services français s'est dissipée, comme l'a souligné Riccardo Marcelli Fabiani, économiste chez Oxford Economics. Les prix de l'alimentation, de l'alcool et du tabac ont quant à eux augmenté de 3,0%, en légère décélération par rapport aux 3,2% d'août, témoignant d'un ralentissement de l'inflation des produits alimentaires non transformés. Les biens industriels hors énergie ont maintenu une hausse modérée de 0,8%, inchangée par rapport au mois précédent. Sur une base mensuelle, les prix à la consommation n'ont progressé que de 0,1% entre août et septembre, un rythme identique à celui observé le mois précédent, reflétant une dynamique inflationniste qui reste globalement maîtrisée malgré la remontée du taux annuel.
Des disparités marquées entre les États membres
L'évolution des prix varie considérablement d'un pays à l'autre au sein de la zone euro, révélant des dynamiques nationales très contrastées. L'Estonie enregistre le taux d'inflation le plus élevé avec 5,2% sur un an, suivie par la Croatie et la Slovaquie à 4,6% chacune. À l'opposé, Chypre affiche une inflation nulle tandis que la France présente un taux particulièrement modéré de 1,1% en septembre, bien en dessous de la moyenne de la zone euro. Cette faiblesse de l'inflation française s'explique notamment par les baisses de tarifs de l'électricité mises en œuvre par les autorités.
L'Allemagne, première économie de la zone euro, a vu son inflation progresser à 2,4% en septembre, avec une hausse de l'inflation des services à 3,4% qui a dépassé les attentes des analystes, selon Goldman Sachs. L'Italie a enregistré une inflation de 1,8%, légèrement supérieure aux prévisions du consensus, tandis que l'Espagne affichait un taux de 3,0%, conforme aux anticipations.
Ces écarts reflètent des situations économiques nationales différenciées, avec des politiques fiscales et des structures de consommation propres à chaque pays. L'inflation de base, qui exclut les composantes volatiles que sont l'énergie et l'alimentation, est restée stable à 2,3% pour le cinquième mois consécutif dans l'ensemble de la zone euro, son niveau le plus bas depuis janvier 2022. Cette stabilité de l'inflation sous-jacente constitue un signal rassurant pour les autorités monétaires, indiquant que les pressions inflationnistes fondamentales demeurent contenues.
La BCE maintient le cap malgré la hausse de l'inflation
Lors de sa réunion du 11 septembre 2025, la Banque centrale européenne a décidé de maintenir ses trois taux directeurs inchangés, le taux de la facilité de dépôt restant à 2,00%. Les nouvelles projections des services de la BCE anticipent une inflation moyenne de 2,1% en 2025, avant un ralentissement à 1,7% en 2026 et une remontée à 1,9% en 2027. L'inflation hors énergie et alimentation devrait s'établir en moyenne à 2,4% en 2025, puis décroître à 1,9% en 2026 et 1,8% en 2027.
Christine Lagarde, présidente de la BCE, a déclaré que l'institution se trouve dans une position favorable pour maintenir ses taux stables, sans urgence à resserrer ou assouplir davantage sa politique monétaire. Les économistes estiment que la légère hausse de septembre ne devrait pas modifier cette approche prudente. Selon Oxford Economics, les perspectives n'ont pas changé et pointent clairement vers une baisse de l'inflation grâce au ralentissement de la croissance des salaires, aux prix bas des matières premières énergétiques, à la vigueur de l'euro et à la modération des pressions du côté de la demande.
Les marchés anticipent largement que le Conseil des gouverneurs de la BCE maintiendra ses taux inchangés lors de sa prochaine réunion prévue le 30 octobre 2025 à Florence. Certains analystes pensent aujourd'hui que l'obstacle à de nouvelles baisses de taux reste important, l'institution estimant que sa politique monétaire est bien positionnée. Il faudrait un choc significatif pour convaincre la BCE de procéder à de nouveaux ajustements, un simple refroidissement graduel de l'inflation ou un renforcement de l'euro ne suffisant probablement pas.