Les États-Unis ont approuvé l'exportation de puces d'intelligence artificielle produites par Nvidia vers les Émirats ara
Le gouvernement américain a officiellement autorisé l'exportation de puces d'intelligence artificielle Nvidia vers les Émirats arabes unis, marquant une étape majeure dans le partenariat technologique entre les deux nations. Cette décision, révélée le 8 octobre 2025 par Bloomberg, concrétise un accord bilatéral signé en mai dernier et ouvre la voie à la construction du plus grand centre de données d'IA hors des États-Unis. L'opération s'inscrit dans une logique d'échanges économiques équilibrés, les Émirats s'étant engagés à investir 1 400 milliards de dollars sur le sol américain au cours de la prochaine décennie.
Un accord bilatéral scellé en mai 2025
Selon Bloomberg News et Reuters, le Bureau of Industry and Security (BIS) du département américain du Commerce a délivré des licences d’exportation à Nvidia dans le cadre d’un accord bilatéral sur l’intelligence artificielle conclu entre les deux pays en mai 2025.
Cet accord permettrait aux Émirats d’importer jusqu’à 500 000 puces avancées de Nvidia par an, à partir de cette année, avec une durée initiale jusqu’en 2027 et une extension possible jusqu’en 2030.
Un porte-parole du département du Commerce, cité par Bloomberg, a déclaré que « le gouvernement américain est pleinement engagé dans le partenariat transformateur entre les États-Unis et les Émirats arabes unis en matière d’intelligence artificielle ».
L’objectif de ce dispositif est de soutenir la construction d’infrastructures de calcul massives destinées à l’entraînement de modèles d’IA à grande échelle, tout en garantissant un cadre strict de contrôle des exportations américaines.
Des garde-fous technologiques et géopolitiques
Ces licences interviennent dans un contexte de sensibilité stratégique accrue autour des exportations de semi-conducteurs américains. Washington a renforcé ses mécanismes de supervision afin d’éviter que ces technologies ne soient réexportées vers des pays soumis à des restrictions, notamment la Chine.
Selon Reuters, les puces seront déployées dans des centres de données opérés sous supervision américaine, et leur usage sera limité à des entreprises agréées de cloud computing.
Aucune mention officielle ne précise la participation de sociétés émiraties comme G42, souvent pointée pour ses liens technologiques passés avec des groupes chinois.
Le projet Stargate UAE, symbole de cette coopération
Les premières livraisons devraient contribuer à alimenter le projet Stargate UAE, un vaste campus d’intelligence artificielle à Abu Dhabi annoncé en mai dernier.
Ce site, développé avec Nvidia, OpenAI, G42, Oracle et SoftBank, doit devenir l’un des pôles régionaux majeurs de calcul intensif.
Sa capacité initiale atteindra 200 mégawatts d’ici 2026, avant une montée en charge vers 1 gigawatt à l’horizon 2030, selon les données publiées par les partenaires du projet.
Une diplomatie de l'IA assumée par Washington
Cette coopération s’inscrit dans la stratégie de « diplomatie technologique » voulue par l’administration Trump, qui cherche à renforcer les alliances dans le Golfe autour des technologies de rupture.
Lors d’une tournée régionale en mai 2025, le président américain avait déjà annoncé plusieurs accords d’investissement entre les États du Golfe et des entreprises américaines, pour un montant global d’environ 600 milliards de dollars, incluant des commandes de puces auprès de Nvidia, AMD et Qualcomm.
L’accord avec Abu Dhabi illustre cette volonté de consolider le leadership américain en intelligence artificielle, tout en encadrant de près la diffusion de ses technologies les plus sensibles.