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Les épargnants tournent le dos à l'assurance-vie

Les Français ont retiré 2,2 milliards d'euros de leurs contrats d'assurance-vie au mois de mars. Un phénomène attribué au confinement, qui trouve peut-être aussi son origine dans la désaffection naissante des épargnants pour ce placement.

Temps de lecture : 2 minute(s) - Par | Publié le 04-05-2020 07:40, Mis à jour le 04-05-2020 10:45
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Les épargnants ont retiré 2,2 milliards d'euros

La Fédération française de l'assurance (FFA) a révélé que les Français ont largement boudé l'assurance-vie en mars. La décollecte nette, c'est-à-dire la différence entre les dépôts sur les contrats et les retraits, atteint 2,2 milliards d'euros. La dernière décollecte d'ampleur avait été observée en décembre 2011, en pleine crise de la dette grecque. Elle c'était cependant limitée à 700 millions d'euros.

Considérée comme le placement préféré des Français, l'assurance-vie encaisse un choc assez rude. Si l'on en croit la FFA, ces mauvais résultats pourraient être majoritairement dus au confinement en vigueur depuis le 17 mars. En février, avant le krach boursier lié à la crise du coronavirus, la collecte avait néanmoins déjà été divisée par 2 par rapport à 2019.

Les épargnants ont versé 9 milliards d'euros sur leurs contrats en mars, et retiré 11,2 milliards. Le total investi sur les assurances-vie reste toujours élevé, dépassant les 1700 milliards d'euros.



L'épargne accumulée a profité au livret A et au LDDS

Certes, le confinement a freiné les possibilités d'investissement, les versements par internet étant loin d'être généralisés. Mais dans le même temps, jamais les Français n'ont autant épargné. Selon l'OFCE, centre de recherche en économie de Sciences Po, faute de pouvoir consommer ils auront réussi à économiser la moitié de leur revenu durant les 8 semaines de confinement, contre 15% habituellement. Au total, 55 milliards d'euros auront ainsi été épargnés.

Mais l'argent mis de côté par les particuliers a surtout profité au Livret A et au LDDS, des placements non fiscalisés à capital garanti. Leurs encours « ont augmenté de 50 % entre mars 2019 et mars 2020 », a indiqué le ministre des Finances Bruno Le Maire mi-avril à l'Assemblée nationale. Trois interprétations sont possibles.

D'une part, les versements sont plus simples à réaliser, la plupart du temps possible depuis l'interface Internet des banques. Ensuite, l'épargne « forcée » n'est peut-être pas vouée à être placée, mais à être dépensée une fois le confinement levé. Enfin, il est possible que les Français se détournent petit à petit de l'assurance-vie, les conditions s'étant largement dégradées.

A lire : L'assurance-vie bientôt intégrée à l'assiette des droits de succession ?


Les avantages de l'assurance-vie se réduisent

Placements favoris des épargnants, les fonds en euros des assurances-vie ne font plus recette. Face à la généralisation des taux très bas, les assureurs ont tendance à dissuader les particuliers d'investir sur ces supports sécurisés. Les rendements ont considérablement fondu, ce qui ne les rend plus pertinents compte tenu de la fiscalisation des intérêts générés.

Certains contrats ne garantissent même plus le capital : le montant des frais de gestion peut désormais dépasser les intérêts annuels et être prélevé sur l'épargne déposée. D'autres fonds en euros sont aujourd'hui fermés à la collecte, condamnant les clients à ne plus pouvoir y verser d'argent.

Enfin, depuis quelques mois, les assureurs ont insisté pour orienter l'épargne de leurs clients vers les unités de compte, c'est-à-dire des supports investis sur les marchés financiers et donc risqués. Mais avec la chute du cours des actions en mars, certains épargnants ont vu leur capital fondre comme neige au soleil et ont pu être échaudés. Ainsi, le degré de satisfaction des épargnants vis-à-vis des assurances-vie a pu nettement se dégrader, et les inciter à retirer leur épargne.

A lire : Assurance-vie : faut-il fuir les contrats multisupports ?



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