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Investir dans le vin : est-ce une bonne ou une mauvaise idée ?

| Publié le 21-11-2019 15:55 | Mise à jour le 10-12-2019 15:54
Investir dans le vin : est-ce une bonne ou une mauvaise idée ?
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Produit de consommation et icône de la gastronomie française, le vin est longtemps resté l'apanage des connaisseurs les plus aisés. Face à la mondialisation et au rayonnement des crus français sur la scène internationale, certains amateurs de vin y voient un investissement permettant de diversifier ses placements tout en conciliant passion et plus-value. A l'heure où la bourse spécialisée ouverte à Londres brasse des millions d'euros (le Liv-Ex Fine Wine), le marché des vins présente-t-il des opportunités qu'il appartient à chacun de saisir ?

Le vin n'est pas un « actif » comme les autres

Le vin n'est résolument pas un actif comme les autres. Produit de luxe par excellence, il présente l'avantage de constituer un investissement original qui sait s'adapter aux bourses les plus modestes, sans être impacté par les fluctuations parfois étourdissantes des marchés financiers. Mais attention, il doit rester un investissement plaisir et ne pas être considéré comme un placement financier. Il s'agit d'un achat de long terme qui doit respecter certaines règles pour avoir une chance de générer une plus-value. L'achat purement spéculatif pouvant rapidement être dangereux et source de grandes déceptions.

Aussi certaines connaissances techniques d'œnologie font figure de prérequis. Le simple fait de connaître les principales étapes de genèse des vins est insuffisant pour distinguer tout le potentiel d'une bouteille. L'histoire, la provenance, les cépages, les conditions de production et les modes de conservation sont des éléments déterminants à connaître pour évaluer une bouteille et envisager les tendances du marché.

D'autant que tous les vins n'ont pas le même potentiel de conservation. Tout dépend d'abord de leurs propriétés chimiques. Pour bien vieillir, le précieux liquide doit notamment comprendre une proportion particulière de dioxyde de soufre et de tanins ainsi qu'une certaine acidité. Les conditions de la mise en bouteille dont aussi importantes, celle-ci ne devant intervenir ni trop tôt, ni trop tard. Enfin, la qualité du bouchon est primordiale, celui-ci devant laisser un minimum respirer le vin.

Ceux que l'on nomme les « vins de garde » sont précisément ceux qui ont les meilleures chances de se conserver longtemps. Mais attention, tout n'est pas simple. Par exemple, un « Grand cru » ne dispose pas forcément des qualités pour devenir un vin de garde. Aussi pour procéder au meilleur achat, il semble indispensable de connaître toutes les étapes de fabrication du vin, tout en s'assurant qu'il a été bien conservé par ses propriétaires précédents. Un élément qui peut être difficile dans le cadre des enchères de vin, notamment sur Internet.

Parmi les vins mythiques, 5 grands classiques sont issus des vins de Bordeaux : les Lafite, Latour, Margaux, Mouton-Rothschild et Haut-Brion.

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Le vin, une denrée périssable et falsifiable

La consommation des crus au fil des années tend à la raréfaction des bouteilles. Il est loisible de penser qu'il suffit d'un peu d'anticipation pour réaliser la vente du siècle à un fortuné passionné, en conservant « au chaud » une bouteille achetée quelques années auparavant.

Cette perspective favorable est pourtant loin d'être acquise. La conservation des bouteilles n'est pas un long fleuve tranquille, le vin pouvant s'altérer du fait de nombreux facteurs (mauvaises conditions de conservation, de stockage ou de vieillissement naturel du millésime). Ainsi, à moins de posséder une vraie cave qui maintient la température à un niveau acceptable hiver comme été, la conservation d'un vin peut s'avérer compliquée.

La démocratisation des caves à vin électriques a le mérite de rapprocher le marché du vin de l'investisseur particulier, en proposant une alternative à la traditionnelle conservation des bouteilles en cave. Mais ce dernier devra tout d'abord investir dans du matériel onéreux et espérer qu'il ne lui fasse pas défaut.

De plus, le caractère « scellé » des crus stockés empêche l'investisseur de connaître réellement la valeur gustative du vin à l'achat. Le risque d'investir dans du vin falsifié est réel. L'histoire l'a encore récemment démontré avec une société bordelaise qui falsifiait les étiquettes de ses bouteilles. Mais les escrocs du vin peuvent aussi être ingénieux (vins francisés, mélangés, dilués dans l'eau, etc.).

La plus grande escroquerie en la matière est celle d'un certain Rudy Kurniawan. Expert oenologue renommé dans les années 2000, il était également collectionneur et marchand de vins prestigieux. Surnommé Docteur Conti en raison de sa passion pour les vins issus du Domaine de la Romanée-Conti, il vendait aux enchères de fausses bouteilles de grands crus. Sa recette : prendre des vins bas de gamme et remplacer étiquettes et bouchons par des contrefaçons laissant croire à un vin exceptionnel. Il a été condamné en 2014 à 10 ans de prison aux Etats-Unis.

A lire également : Vigilance face aux fraudes en investissant dans le vin

Le vin ne peut être que l'affaire des passionnés

Pour contourner les inconvénients liés à la conservation des bouteilles et au vieillissement du vin, des fonds de placement proposent aux particuliers de devenir propriétaires d'une fraction de la cave qui constitue leur actif. Ce mode d'investissement dans le vin présente l'avantage de diminuer les risques de capitalisation sur des produits falsifiés (les crus sont achetés par le fonds de placement directement auprès de négociants ou de châteaux). Mais sa dématérialisation le réduit à un placement « classique », sans charme et surtout sans assurance de plus-value.

Les passionnés du vin préfèreront entretenir une relation matérielle et personnalisée avec les crus qu'ils auront sélectionnés (en fonction du marché mais aussi de leurs goûts). Ils bénéficieront, grâce à leurs connaissances, d'un avantage significatif sur le marché, en plus de pouvoir, à des occasions choisies, profiter des délices de leur collection et cultiver leur palais.

Les bouteilles de grands crus classés s'échangent en ventes aux enchères à des prix pouvant parfois atteindre des dizaines de milliers d'euros.
La plus chère de l'Histoire est un Champagne de 1907, Heidsieck & Co Monopole « Diamant bleu ». En 1998, deux mille bouteilles furent retrouvées dans l'épave d'un bateau coulé durant la Première Guerre mondiale, dans un parfait état de conservation. La vente aux enchères de cette cargaison à valeur historique fut un succès dans le monde entier. L'une de ces bouteilles a été vendue 224 000 euros, devenant la plus chère du monde (hors ventes de charité).
Le deuxième vin le plus cher est un Château Cheval Blanc de 1947 (Saint-Emilion), vendu pour 219 000 €.

Vous souhaitez investir dans le vin ?

Si vous souhaitez investir, assurez-vous de vous entourer de professionnels. Mieux vaut d'emblée aller à la rencontre des producteurs pour apprendre les spécificités de chaque vin visé. Certaines sociétés spécialisées peuvent également vous conseiller. Mais n'oubliez pas que l'achat de vin doit rester un plaisir. Le néophyte qui s'engagerait dans cette voie pour spéculer aura peu de chance de gagner quoi que ce soit.

Sur le même thème : Attention aux placements dans les produits atypiques

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Robert GORRETEAU
Bonjour à tous,
Dans l'ensemble cet article présente un intérêt certain.
Toutefois, dommage que vous citiez "Le deuxième vin le plus cher est un Château Cheval Blanc de 1947 (Saint-Emilion), vendu pour 219 000 €." sans préciser la contenance de la bouteille en question car il s'agissait d'une impériale soit 6 litres l'équivalent de 8 bouteilles. De plus cette impériale n'était pas d'époque C'était le résultat de la réunion de 8 bouteilles de 0,75 l en un seul contenant, le vin était donc authentique mais l'impériale n'était pas d'époque
Vous souhaitant bonne réception de cette modeste contribution, je demeure à votre écoute.
Avec mes courtoises salutations.
Robert Gorreteau
Expert en Vins et Spiritueux
Membre de l'Alliance Européenne des Experts

09:59

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