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Les français préfèrent toujours les placements sans risques d'après la Banque de France

Publié le 27-06-2018 10:22 - Mise à jour le 27-06-2018 11:02 -
Rubrique : placements - Crédit photo : @banquedefrance

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Voici une donnée qui ne va peut-être pas réjouir l'Etat, qui souhaite orienter une partie de l'épargne des français vers les PME. Dans son rapport sur 2017 publié ce jour, la Banque de France indique que la grande majorité des 5000 milliards d'euros d'épargne des français dort toujours sur des comptes sécurisés, voire même sur leur compte courant.

L'assurance-vie en euros toujours plébiscitée

Depuis 2008, la Banque de France édite un rapport sur l'épargne réglementée, qui scrute l'évolution du patrimoine financier des français, hors patrimoine immobilier. Ainsi, dans sa dernière mouture, on apprend que l’encours des placements financiers des ménages à fin 2017 s’élève à 5 014 milliards d’euros. La structure de ce patrimoine financier est stable ces dernières années, bien que les actifs détenus soient de plus en plus internationaux. Comme toujours, la grande championne reste l'assurance-vie en euros qui réunit à elle seule 1600 milliards d'euros, soit 32% de l'épargne.


Une donnée qui ne va pas forcément arranger l'Etat, qui voit en la réorientation de l'épargne vers le financement des PME une source de croissance économique. Pire, les dépôts sur les comptes bancaires non rémunérés représentent à eux seuls 11% de l'épargne.


Livret A, PEL, LDDS : toujours attirants malgré des rendements inférieurs à l'inflation

Ainsi, bien que les rendements des différents comptes règlementés comme le livret A et le PEL soient inférieurs à l'inflation (ce qui sous-entend que ce placement fait perdre de la valeur à l'épargne qui y est placé), le succès des placements sécurisés reste solide. Les collectes sont majoritairement en hausse sur chacun des supports.


257 milliards d'euros dorment sur le livret A (qui fête ses 200 ans cette année) avec un encours moyen de 4500 euros par compte. Malgré sa rémunération à 0,75% par an, ce placement a même connu un regain d'intérêt en 2017. Le livret développement durable et solidaire (LDDS) réunit 104 milliards d'euros avec un encours moyen à 4.325 euros par compte, le Plan d'Epargne Logement 270 milliards, et ce malgré sa récente fiscalisation, et le Livret d'Epargne Populaire (LEP) 44 milliards. Ces chiffres révèlent également la performance des réseaux bancaires dans la collecte des fonds et l'ouverture des comptes épargne classiques.

Des mesures pour que l'épargne contribue à la croissance économique

5.000 milliards d'euros d'épargne : un trésor qui peut faire rêver lorsque l'on sait que d'un côté, les PME ont toujours du mal à trouver des fonds pour se développer alors même que le moteur de la croissance économique est là. A titre de comparaison, le déficit public sur le budget de l'Etat en 2018 est évalué à 84 milliards, et la dette de la France est évaluée à ce jour à 2305 milliards.



Ainsi, le gouvernement cherche toujours les moyens d'inciter les français à orienter une partie de cette somme importante vers l'économie réelle, malgré leur aversion au risque. Parmi les mesures incitatives mises en place depuis quelques années, la libéralisation du financement participatif favorisant le soutien en direct des PME, la prochaine relance de l'assurance-vie euro-croissance, qui sécurise l'investissement sur les marchés financiers, et la transformation de l'ISF en IFI devraient inciter les français à rapprocher leurs placements de l'économie réelle. Du côté des mesures restrictives, la pression de plus en plus importante sur les patrimoines immobiliers pousse les français à céder leurs actifs pour investir dans des produits financiers générateurs de croissance. Mais entre leur attrait pour la pierre et leur aversion au risque, reste à savoir quels arbitrages vont faire les français.