Gérer son argent en période de crise : bilan pour les Européens en 2023
Les habitudes d'épargne et de dépense des Européens semblent avoir beaucoup changé depuis le début de l'inflation, d'après une étude de la banque en ligne N26.
L'année 2022 a été riche en événements qui ont bouleversé l'économie mondiale : pandémie, guerre en Ukraine, crise du pouvoir d'achat et perturbations de la chaîne d'approvisionnement ont laissé les économies chancelantes. Face aux défis actuels, de nombreux consommateurs européens ont cherché à réorganiser leur gestion financière et ont opté pour l'épargne afin de faire face à l'incertitude. Cependant, l'inflation a rapidement entravé ces efforts.
Ainsi, quel est le constat en termes d'habitudes de dépense et d'épargne chez les Européens pour l'année 2022 ? Quels marchés ont été les plus touchés par l'inflation ? Et quelles sont les prévisions pour l'année 2023 ? Pour répondre à ces questions, la banque en ligne N26 a mené une étude approfondie en analysant les données de plus de 380 000 clients répartis dans cinq pays européens.
Épargne en 2022 : quels sont les pays les plus économes ?
L'inflation annuelle de la zone euro était de 5% à la fin de l'année 2021. En août 2022, ce chiffre a explosé pour atteindre 9,1%, puis 10% en septembre. Mais alors, quel a été l'impact de cette augmentation sur l'épargne ?
Taux d'épargne en 2022 : l'Espagne en tête
Même si les taux d'inflation ont été élevés, les clients en Espagne ont été les plus frugaux en augmentant considérablement leur taux d'épargne à partir de mars. Ils ont économisé en moyenne 7,2 % de leurs revenus, ce qui représente une augmentation relative de 57,2 %. Les Autrichiens ont également emboîté le pas en épargnant en moyenne jusqu'à 5,8 % de leurs revenus entre mars et août, alors qu'ils avaient enregistré une baisse de 2,9 % en janvier.
Viennent ensuite les clients allemands avec une moyenne de 5,1%. En revanche, les Italiens ont enregistré la plus forte baisse de leur taux d'épargne, leurs habitudes étant également très fluctuantes. En avril, en mai et en août, certains d'entre eux ont même dépensé plus que leurs revenus.
En France, bien que la hausse du niveau d'épargne soit moins élevée, elle n'en reste pas moins significative. Les clients N26 ont augmenté leur niveau d'épargne de 140 %, passant de -2 % à 0,8 % de leurs revenus moyens entre mars et août.
L'impact des mesures prises par les Etats face à l'inflation
Des mesures gouvernementales au cœur de l'épargne
Les gouvernements espagnol et allemand ont soutenu leurs citoyens dans l'épargne pendant la crise grâce à des initiatives gouvernementales intéressantes. En Espagne, le gouvernement a lancé une réduction de 20 centimes par litre de carburant pour tous les utilisateurs à la fin du mois de mars, et en juin, la Commission européenne a approuvé l'« exception ibérique », qui a permis de limiter le prix du gaz destiné à la production d'électricité, entraînant ainsi une baisse significative des factures d'électricité. Pendant ce temps, en Allemagne, les consommateurs ont pu économiser encore plus d'argent grâce au billet de train à 9 euros, qui leur a donné la possibilité d'utiliser les transports publics régionaux dans l'ensemble du pays pendant un mois entier.
Hausse des revenus et épargne : une corrélation justifiée ?
De mars à août, les revenus ont augmenté dans tous les pays étudiés, bien que cette augmentation ait été plus importante dans certains pays que dans d'autres. En Autriche, par exemple, les revenus ont augmenté de 17,7 % en moyenne par rapport aux mois de janvier et février, tandis qu'en Allemagne, la hausse n'a été que de 6,9 %.
Cependant, l'Allemagne a connu une baisse de l'épargne à partir de mars, avec seulement la moitié de ce qui avait été économisé pendant les deux premiers mois de l'année, que ce soit en valeur absolue ou en pourcentage des revenus. Heureusement, l'offre de billets de train à 9 euros a permis aux Allemands d'économiser 119,30 € en juin, ce qui représente une augmentation significative par rapport au mois de mai. En Italie, les revenus moyens ont augmenté de 14,7 % sur la seconde période, ce qui représente la deuxième plus forte augmentation relative de notre étude, après l'Autriche. Mais cette augmentation salariale n'a pas empêché la chute considérable de l'épargne du pays. En effet, les Italiens avaient réussi à économiser 4 % de leurs revenus au cours des deux premiers mois de l'année, mais ce chiffre est tombé à seulement 0,6 % entre mars et août, soit une variation relative de -84,2 %.
Les femmes seraient-elles plus économes que les hommes ?
Les femmes épargnent-elles plus que les hommes ? C'est en tout cas ce que suggèrent les données récentes, même si elles gagnent en moyenne près de 39 % de moins que leurs homologues masculins. Les femmes ont systématiquement épargné une plus grande partie de leurs revenus entre janvier et août 2022, soit 5,9 % en moyenne, contre seulement 3,7 % pour les hommes. Cette tendance se traduit par une épargne mensuelle moyenne de 112,20 € pour les femmes et 95,20 € pour les hommes.