AB Science annonce quatre réponses consécutives dans le traitement de la leucémie myéloïde aiguë réfractaire
AB Science a communiqué sur les résultats de son essai de phase 1 combinant AB8939 et venetoclax chez des patients atteints de leucémie myéloïde aiguë réfractaire ou en rechute. Selon le groupe, les quatre premiers patients traités ont tous obtenu une réponse, soit un taux de 100 %.
Un quatrième patient en réponse avec un profil génétique défavorable
Le quatrième patient traité dans l'étude de phase 1 présentait un profil de risque très élevé, indique l'entreprise. D'après le communiqué, il était atteint d'une leucémie myéloïde aiguë avec un caryotype complexe incluant une monosomie du chromosome 5 et une mutation du gène TP53, et se trouvait en troisième ligne de traitement après l'échec de deux protocoles antérieurs. Le patient a reçu AB8939 à une dose de 21,3 mg/m² associé au venetoclax pendant 14 jours et a obtenu une réponse partielle, précise AB Science. Sur l'ensemble des quatre patients traités par cette combinaison, un patient est en rémission complète, un en réponse quasi complète et deux en réponse partielle. Ces résultats ont été obtenus après un seul cycle de traitement de 14 jours chez des patients recevant un traitement de troisième ou quatrième ligne, dont deux avaient précédemment progressé sous venetoclax associé à d'autres chimiothérapies, selon le groupe.
Un mécanisme d'action visant les cellules souches cancéreuses
Selon l'entreprise, AB8939 agit selon un double mécanisme : la déstabilisation des microtubules des cellules cancéreuses et l'inhibition des enzymes ALDH1A1 et ALDH2, essentielles à la survie des cellules souches cancéreuses. D'après le communiqué, cette molécule a démontré une activité in vitro dans des lignées cellulaires résistantes à la cytarabine, y compris celles présentant des mutations génétiques défavorables MECOM et TP53. AB Science indique que la combinaison avec le venetoclax repose sur une faible toxicité hématologique des deux molécules et des mécanismes d'action complémentaires. Le venetoclax inhibe la protéine BCL2, qui empêche l'apoptose dans les cellules cancéreuses, tandis qu'AB8939 déstabilise les microtubules et cible les cellules souches cancéreuses. L'essai de phase 1 a achevé ses deux premières étapes de détermination de la dose maximale tolérée, établie à 21,3 mg/m² pour des traitements de 3 et 14 jours en monothérapie, précise le groupe.
Discussions réglementaires et potentiel de marché
AB Science indique avoir commencé des discussions avec l'Agence européenne des médicaments et la Food and Drug Administration américaine sur trois possibilités d'études d'enregistrement. Selon le communiqué, ces options portent sur l'utilisation d'AB8939 associé au venetoclax en première ligne chez les patients âgés ou présentant des anomalies génétiques, en deuxième ou troisième ligne pour tous les patients ou ceux présentant des anomalies génétiques, ou AB8939 en monothérapie dans le MECOM en deuxième ou troisième ligne. La société estime le marché potentiel des traitements dans la leucémie myéloïde aiguë réfractaire ou en rechute à plus de 2 milliards d'euros par an. D'après le groupe, les droits de propriété intellectuelle liés à AB8939 dans cette indication sont protégés jusqu'en 2036 par un brevet de composition de matière, avec une extension potentielle jusqu'en 2041. Deux demandes de brevet pour des utilisations médicales spécifiques pourraient prolonger cette protection jusqu'en 2044 et 2046 pour certaines sous-populations, précise l'entreprise. AB8939 a reçu la désignation de médicament orphelin pour la leucémie myéloïde aiguë par l'EMA et la FDA.