ACTIA Group : l'aérospatial et l'énergie explosent, l'automobile recule de 4,7 %
En 2025, ACTIA Group a stabilisé son chiffre d'affaires à 535,4 millions d'euros malgré un environnement automobile dégradé. Mais cette apparente sérénité cache une réalité plus contrastée : la division Mobility, pilier historique du groupe représentant 71,4 % des revenus, enregistre un repli de 4,7 %, tandis que l'aérospatial et l'énergie deviennent des relais majeurs. Pour les investisseurs, la question centrale devient celle-ci : le groupe peut-il vraiment se réinventer avant que l'automobile retrouve ses forces ?
La stabilité affichée masque une redistribution profonde des activités
Dans un marché automobile où les grands volumes n'ont pas encore retrouvé le chemin de la reprise, ACTIA Group parvient à présenter des résultats stables : un chiffre d'affaires de 535,4 millions d'euros en 2025, en progression de 0,1 % par rapport à 2024. Ce statut quo, annoncé comme conforme à l'objectif du groupe, constitue déjà une forme de victoire dans un contexte où les marchés automobiles demeurent dégradés. Cependant, l'analyse divisionnelle révèle une dynamique bien plus complexe. La division Mobility, responsable de 71,4 % du chiffre d'affaires total, recule de 4,7 %. Cette baisse est compensée, voire surcompensée, par les performances réalisées ailleurs : Aerospace affiche une croissance de 13,5 % et Energy décolle avec un impressionnant +31,2 %. Ces croissances doubles chiffres permettent de préserver l'équilibre global mais signalent une transformation structurelle en cours au sein du groupe.
L'EBITDA redresse la tête, signalant les premiers fruits des restructurations
Au-delà du chiffre d'affaires, les indicateurs de profitabilité commencent à bouger. L'EBITDA brut ressort à 38,2 millions d'euros, soit 7,1 % du chiffre d'affaires. Cette baisse par rapport aux 61,7 millions enregistrés en 2024 s'explique par la présence, l'an dernier, de 40,0 millions d'euros de produits non récurrents. Retraité de ces éléments exceptionnels, l'EBITDA retraité progresse en nette accélération de 76,0 %. Ce bond traduit l'impact des mesures de rationalisation engagées par le groupe : les achats consommés reculent de 4,8 %, les charges externes diminuent de 6,6 %, et le groupe a réduit ses stocks de 25,2 millions d'euros en un an (de 186,4 à 161,2 millions). Le résultat opérationnel courant s'inscrit en net redressement, passant de -4,1 millions en 2024 à 6,4 millions en 2025. En parallèle, le Free Cash Flow progresse légèrement, s'établissant à 53,4 millions d'euros contre 51,4 millions l'année précédente, porté par l'amélioration du besoin en fonds de roulement. Cette génération de cash solide consolide la structure financière : la dette nette recule de 22,7 millions d'euros à 127,4 millions, et le gearing s'améliore à 90,8 % contre 98,2 % un an plus tôt.
2026 : une croissance timide face aux incertitudes automobiles
ACTIA envisage 2026 avec une prudence affichée. Le groupe anticipe un chiffre d'affaires en légère croissance autour de 3 %, soutenu par la continuation de la dynamique à Aerospace et Energy, tandis que Mobility devrait rester sous pression faute de reprise des volumes des grands équipementiers automobiles. Cette trajectoire s'inscrit dans un plan à plus long terme : ACTIA vise 700 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2028, un objectif qui suppose une accélération significative. Les coûts exceptionnels de restructuration engagés en 2025 (charges sociales ~4,6 millions) sont présentés comme des investissements futurs. Le groupe a réduit ses effectifs de 176 salariés en 2025 (passant de 3 994 à 3 818) et continue de préserver un effort R&D important de 88,5 millions d'euros. Un dividende brut de 0,12 euro par action sera proposé à l'assemblée générale de mai 2026, signal que le groupe regagne confiance. La vraie question pour les investisseurs demeure néanmoins la suivante : les nouveaux relais Aerospace et Energy généreront-ils suffisamment de croissance pour compenser durablement la faiblesse persistante de l'automobile, ou ne constitueront-ils que des amortisseurs temporaires en attente d'une reprise du secteur historique du groupe ?