ADP abaisse sa guidance 2026 : EBITDA attendu entre 2,3 et 2,35 Md€
Aéroports de Paris a publié au 1er semestre 2026 un chiffre d'affaires en hausse modérée de 1,6 % à 3 215 millions d'euros, mais son EBITDA courant a reculé de 1,0 % à 1 015 millions d'euros, le ratio de marge se dégradant de 0,8 point à 31,6 %. Le gestionnaire aéroportuaire a révisé à la baisse sa guidance 2026, anticipant désormais un EBITDA courant compris entre 2 300 et 2 350 millions d'euros (contre plus de 2 350 M€ précédemment), confronté à un environnement opérationnel dégradé au Moyen-Orient et à une croissance du trafic à Paris ramenée à 0,5 % pour l'année.
Trafic et revenus comprimés par le contexte géopolitique
Le trafic du groupe ADP s'est établi à 179,2 millions de passagers au 1er semestre 2026, en progression de 0,2 % (+0,1 million) par rapport à la même période en 2025. À Paris Aéroport, le trafic a progressé de 0,5 % à 51,6 millions de passagers, une croissance très en retrait par rapport aux attentes initiales.
Le chiffre d'affaires consolidé a atteint 3 215 millions d'euros, en hausse de 1,6 % (+52 M€). Cette progression est soutenue par les Activités aéronautiques de Paris (+3,0 % à 1 074 M€), portées par la croissance du trafic et l'augmentation des tarifs depuis avril 2025, et par le segment International & développements aéroportuaires (+1,9 % à 990 M€), notamment via TAV Airports (+5,3 % à 867 M€). En revanche, le segment Commerces et services ressort quasi-stable (+0,2 % à 1 041 M€), plombé par la baisse du trafic moyen-oriental et la contraction de l'activité Extime Duty Free Paris (-5,7 % à 384 M€).
Le contexte opérationnel reste difficile : depuis mars 2026, la réduction des programmes de vols liée au conflit au Moyen-Orient a affecté les revenus de plusieurs plateformes, notamment le trafic long-courrier vers le Moyen-Orient, l'Amérique du Nord et l'Amérique latine. À Paris-Orly, les travaux sur les aires aéronautiques et la piste 4 (depuis avril 2026) ont entraîné un transfert de capacité vers Paris-Charles de Gaulle.
Marge opérationnelle en recul, résultat net gonflé par les plus-values
L'EBITDA courant du groupe s'est établi à 1 015 millions d'euros, en baisse de 1,0 % (-10 M€), pour une marge de 31,6 % du chiffre d'affaires contre 32,4 % un an plus tôt. Cette contraction reflète une progression des charges courantes plus rapide que celle des revenus.
Les charges courantes ont augmenté de 2,6 % à 2 234 millions d'euros. Les charges de personnel ressortent en hausse de 9,8 % (+65 M€), notamment du fait de la mise en place effective de la réforme salariale chez ADP SA et de l'augmentation des salaires chez TAV Airports liée à l'inflation turque. Les services externes reculent légèrement (-1,1 % à 730 M€) grâce à un moindre recours à certaines prestations d'accueil, mais les impôts et taxes augmentent de 3,7 % (+10 M€) en raison de la hausse des charges foncières et de la CVAE à Paris.
Le résultat net part du groupe du semestre, à 312 millions d'euros, multiplie par trois le niveau du 1er semestre 2025 (97 M€), mais cet effet est porté à 257 millions d'euros par la comptabilisation de la plus-value générée par la cession de 3,4 % du capital de GMR Airports à GMR Group en avril 2026. Hors éléments ponctuels, le RNPG s'élève à 221 millions d'euros, en hausse de 29,2 % (+50 M€), traduisant une amélioration plus modérée des fondamentaux opérationnels.
Guidance 2026 dégradée, mesures de coûts lancées au T2
Face à la persistance du conflit au Moyen-Orient et aux tendances de trafic incertaines, le groupe ADP a révisé à la baisse ses perspectives pour 2026. La croissance annuelle du trafic à Paris Aéroport est désormais attendue autour de 0,5 % (contre 1,5 % à 2,5 % précédemment), et l'EBITDA courant est prévu dans une fourchette de 2 300 à 2 350 millions d'euros (contre plus de 2 350 M€ antérieurement).
Pour compenser cet environnement opérationnel dégradé, ADP a engagé depuis le deuxième trimestre un programme d'économies de coûts couvrant l'ajustement des prestations externalisées (accueil, nettoyage, maintenance non critique), la réduction des dépenses discrétionnaires (conseil, communication, événements), une politique de recrutement plus sélective et le report de dépenses non stratégiques. L'impact de ces mesures est estimé entre 40 et 60 millions d'euros, à réaliser principalement au second semestre 2026.
Par ailleurs, le groupe a annoncé le 29 juillet 2026 un accord avec l'État sur un nouveau contrat de régulation économique 2027-2034, confirmant un programme d'investissements de 8,2 milliards d'euros (réduit de 200 millions par rapport à la proposition initiale de décembre 2025) au service de l'amélioration de la qualité de service et de la compétitivité des plateformes parisiennes. Le plafond de hausse tarifaire est ramené à l'indice des prix à la consommation harmonisé plus 2,1 points en moyenne (contre 2,6 points initialement), et le coût moyen pondéré du capital régulé (CMPC régulé) est établi à 5,8 % en moyenne sur la durée du contrat. La politique de distribution du dividende demeure inchangée (60 % du résultat net part du groupe, avec un plancher de 3 euros par action), et l'impact de la cession de GMR Airports sera exclu du calcul du dividende ordinaire pour 2026.