Air France et Airbus condamnés en appel dans l’affaire du crash Rio-Paris
Air France et Airbus ont été condamnés jeudi 21 mai 2026 par la cour d’appel de Paris pour homicides involontaires dans l’affaire du vol AF447 Rio-Paris, qui avait fait 228 morts le 1er juin 2009. Les deux groupes, relaxés en première instance en 2023, ont chacun été condamnés à 225.000 euros d’amende.
Une condamnation pénale après la relaxe de 2023
La décision marque un revirement judiciaire majeur. En première instance, la justice avait reconnu des fautes civiles, mais pas de responsabilité pénale certaine. En appel, les juges ont retenu que les manquements reprochés à Air France et Airbus avaient contribué à l’accident. Air France est mise en cause pour une formation et une information jugées insuffisantes des équipages face aux situations de givrage des sondes Pitot, qui mesurent la vitesse de l’avion. Airbus est condamné pour avoir sous-estimé la gravité des défaillances de ces sondes et pour ne pas avoir suffisamment alerté les compagnies concernées.
Airbus conteste la décision
Airbus a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Le constructeur estime que l’arrêt de la cour d’appel contredit les réquisitions du parquet, l’ordonnance de non-lieu rendue en 2019, les réquisitions de première instance et le jugement de relaxe de 2023. Il affirme vouloir obtenir un réexamen des questions de droit soulevées par l’affaire. Le groupe réaffirme également que la sécurité des vols reste sa priorité absolue et exprime sa compassion aux familles des victimes.
L’amende de 225.000 euros reste marginale au regard de la taille des deux groupes. La décision constitue toutefois un événement juridique et réputationnel défavorable.